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Indonésie : les deux journalistes français arrêtés en août vont être libérés

Les deux reporters avaient voulu réaliser un reportage sur les rebelles séparatistes, sans autorisation du pouvoir en place.

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France Télévisions
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Les journalistes français Thomas Dandois et Valentine Bourrat lors d'une audience au tribunal de Jayapura (Indonésie), le 23 octobre 2014. (INDRAYADI / AFP)

Condamnés, mais libérés. Les deux journalistes français arrêtés en août en Indonésie, pour avoir effectué sans autorisation un reportage sur des rebelles séparatistes, ont été condamnés, vendredi 24 octobre, à deux mois et demi de prison. Mais ils seront libérés lundi, a indiqué leur avocat.

Thomas Dandois, 40 ans, et Valentine Bourrat, 29 ans, ont été reconnus coupables d'avoir abusé de leur visa de tourisme pour effectuer ce reportage en Papouasie par le tribunal de district de Jayapura, capitale de cette province. Leur peine couvre la détention provisoire effectuée par les deux journalistes depuis leur arrestation en Papouasie, le 6 août. C'est pourquoi ils vont pouvoir être libérés lundi.

"Concrètement, c'est une bonne décision car ils vont rentrer chez eux, mais d'un point de vue juridique, ce n'est pas très bon car cela ouvre la porte à la criminalisation des activités journalistiques", a toutefois regretté Aristo Pangaribuan, l'avocat des deux reporters.

Des autorisations de tournage très rarement accordées

Le procureur avait requis jeudi quatre mois de prison ferme contre les deux journalistes, soulignant qu'ils avaient exercé des activités "incompatibles avec leur visa" de touriste, alors qu'ils auraient dû être en possession d'un visa de journaliste pour se rendre dans cette province, à l'accès très restreint pour les journalistes étrangers. 

ThomasDandois et ValentineBourrat ont été arrêtés au cours de leur reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte. Outre le visa, les deux journalistes auraient dû être en possession d'une autorisation des autorités – rarement accordés – pour pouvoir exercer leurs activités dans cette région en proie depuis plusieurs décennies à une rébellion séparatiste.

Le pouvoir accusé d'entorses aux droits de l'homme

De nombreux Papous, peuple ancestral de Papouasie occidentale, une ancienne colonie des Pays-Bas rattachée à l'Indonésie en 1969, réclament l'indépendance comme la Papouasie Nouvelle-Guinée, autre moitié de cette grande île qui l'a obtenue en 1975 après avoir été une colonie australienne.

Le Mouvement de la Papouasie libre, qui mène une rébellion armée, accuse les autorités indonésiennes d'entorses graves aux droits de l'homme contre les civils papous, et de corruption massive liée aux importantes ressources naturelles dans cette région riche en minerais.

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