Thaïlande : l'ancienne Première ministre interdite de vie politique et menacée de prison

Yingluck Shinawatra a été interdite, vendredi, de vie politique pour cinq ans et risque jusqu'à dix ans de prison pour corruption. Cela pourrait remettre le feu aux poudres entre ses partisans, et la junte militaire.

Les députés votent à l\'Assemblée nationale, à Bangkok, en Thaïlande, l\'éviction de la vie politique pendant au moins 5 ans de l\'ancienne Première ministre, Yingsuk Shinawatra, vendredi 23 janvier 2015. 
Les députés votent à l'Assemblée nationale, à Bangkok, en Thaïlande, l'éviction de la vie politique pendant au moins 5 ans de l'ancienne Première ministre, Yingsuk Shinawatra, vendredi 23 janvier 2015.  (PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP)

La crise politique va-t-elle s'intensifier en Thaïlande ? L'ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a été interdite, vendredi 23 janvier, de vie politique pour cinq ans et risque jusqu'à dix ans de prison pour corruption. 

Une décision qui pourrait remettre le feu aux poudres entre les partisans de Yingluck Shinawatra, 47 ans, et la junte militaire, qui s'opposent depuis novembre 2013. A l'issue de gigantesques manifestations, le gouvernement avait finalement été révoqué en mai 2014, remplacé par la junte militaire.

Une "élimination" politique

Novice en politique lors de son accession au poste de Premier ministre en 2011, après la victoire de son parti aux législatives, Yingluck Shinawatra avait emboîté le pas de son frère Thaksin Shinawatra, ancien magnat des télécommunications en exil depuis un coup d'Etat en 2006. Dès lors, ses opposants l'ont considérée comme la marionnette de son frère, ennemi juré des élites. 

Avec cette interdiction de participer à la vie politique, votée à l'Assemblée nationale, et une mise en examen qui devrait tomber en mars, la junte thaïlandaise est aujourd'hui accusée de vouloir éliminer durablement l'influent clan Shinawatra de la scène politique. Les analystes cités par l'AFP évoquent un "processus d'élimination", alors que se pose la question de la succession du roi Bhumibol, âgé de 87 ans, tabou suprême en Thaïlande.

Yingluck Shinawatra avait témoigné devant l'Assemblée nationale jeudi pour clamer son innocence et affirmé que l'interdire de vie politique n'était fondé sur "aucun texte de loi", la junte ayant révoqué la Constitution.

La junte a mis en garde ses partisans contre toute manifestation, assurant qu'elle n'hésiterait pas à utiliser la force, en vertu de la loi martiale, qui interdit toujours tout rassemblement politique.