Cambodge : le parti au pouvoir "a remporté l'ensemble des sièges" au Parlement

Les élections législatives se sont déroulées dimanche... sans le principal parti d'opposition. Il a été dissous l'an dernier par les autorités.

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen lors de son vote aux élections législatives, le 29 juillet 2018 à Phnom Penh.
Le Premier ministre cambodgien Hun Sen lors de son vote aux élections législatives, le 29 juillet 2018 à Phnom Penh. (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Les résultats définitifs ne seront pas officialisés avant le 15 août, mais le parti au pouvoir au Cambodge revendique déjà sa victoire aux élections législatives qui ont eu lieu dimanche 29 juillet. Le Parti du peuple cambodgien (PPC) "a remporté tous les sièges à travers le pays", a déclaré son porte-parole. Soit 125 sur 125. "Nos compatriotes ont choisi la voie de la démocratie", s'est félicité sur Facebook le Premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis trente-trois ans.

La dissolution par le régime du principal parti d'opposition, le CNRP, en novembre dernier n'est peut-être pas pour rien dans cette victoire écrasante. Lors des dernières élections en 2013, ce dernier avait remporté plus de 44% des voix.

"Éliminer les traîtres" 

La question est maintenant "de savoir ce que la communauté internationale va faire", explique à l'AFP Phil Robertson, le directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Asie.

Bruxelles et Washington ont refusé d'apporter une aide financière à l'organisation du scrutin et d'envoyer des observateurs internationaux. Et Sam Rainsy, le fondateur du CNRP, demande que des sanctions internationales soient prises à l'encontre du régime. "Pour la première fois depuis les élections organisées par l'ONU en 1993, le Cambodge n'a plus de gouvernement légitime reconnu comme tel par la communauté internationale", a déclaré l'opposant depuis la France, où il s'est exilé pour échapper à la prison.

Selon la commission électorale cambodgienne, elle aussi contrôlée par le régime, le taux de participation avoisine les 82%, un chiffre largement supérieur à celui des dernières législatives il y a cinq ans (69%). 

L'homme fort du Cambodge a averti qu'il ne tolérerait aucune contestation des résultats. Lors de son dernier grand meeting de campagne, il avait assuré que "des mesures légales pour éliminer les traîtres" avaient été prises.