Azerbaïdjan. La grâce d'un prisonnier laisse craindre une guerre avec l'Arménie

Un officier azeri, condamné pour le meurtre d'un Arménien en Hongrie, a été gracié à son retour au pays, provoquant la colère de l'Arménie.

Des soldats arméniens postés à la frontière séparant l\'Azerbaïdjan de la région du Haut Karabakh, à Reyhanli, le 3 mai 2012.
Des soldats arméniens postés à la frontière séparant l'Azerbaïdjan de la région du Haut Karabakh, à Reyhanli, le 3 mai 2012. (JEAN RENE AUGE / WOSTOK PRESS / MAXPPP)

L'Arménie a averti lundi 3 septembre être prête à la "guerre" contre l'Azerbaïdjan. Alors que les deux pays sont en conflit ouvert à propos de la région frontalière du Haut-Karabakh, comme l'explique L'Express, l'Azerbaïdjan a gracié et promu vendredi un officier azerbaïdjanais condamné à la perpétuité pour le meurtre d'un arménien. "Nous ne voulons pas la guerre, mais si nous y sommes contraints, nous nous battrons et nous gagnerons", a réagi le président arménien, Serge Sarkissian, dans un communiqué diffusé lundi sur son site internet.

Vendredi 31 août, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a gracié Ramil Safarov dès son retour au pays vendredi. Cet officier venait d'être extradé de Hongrie où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour un meurtre commis en 2004. Il avait décapité Gourgen Margarian, un militaire arménien, dans son sommeil, au cours d'un stage organisé à Budapest par l'Otan pour des militaires originaires des pays de l'ex-URSS.

Profonde préoccupation de la communauté internationale

Accueilli en héros vendredi, Ramil Safarov a en outre été promu au grade de commandant, reçu une maison et obtenu le versement de son salaire pour les huit années qu'il a passées en Hongrie. Bakou avait pourtant garanti à la Hongrie que l'officier purgerait sa peine en Azerbaïdjan. Dimanche, le gouvernement hongrois a convoqué l'ambassadeur d'Azerbaïdjan pour protester contre cette grâce "inacceptable".

La communauté internationale s'inquiète de cette escalade de menaces de guerre. La Russie, membre du Groupe de Minsk qui mène des négociations de médiation pour trouver une issue au conflit du Haut-Karabakh que se disputent l'Arménie et l'Azerbaïdjan, a fait part lundi de sa "profonde préoccupation", dans la foulée des Etats-Unis. La France considère que cette décision risque de nuire gravement aux efforts de négociation et à l'établissement d'un climat de confiance entre les parties dans le conflit du Haut-Karabakh.