Arménie : le Premier ministre dénonce une tentative de coup d'Etat militaire

La veille, le chef du gouvernement avait limogé Tigran Khatchatrian, l'adjoint du chef d'état-major du pays.

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Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, rejoint ses partisans dans les rues d'Erevan, jeudi 25 février 2021. (ARAM NERSESYAN / SPUTNIK / AFP)

Grande instabilité en Arménie. Affaibli depuis la défaite de l'armée au Haut-Karabakh fin 2020, le Premier ministre, Nikol Pachinian, a dénoncé, jeudi 25 février, une tentative de coup d'Etat militaire. Il a, dans la foulée, pris la tête d'une manifestation de ses partisans afin de réaffirmer son autorité.

La veille, le chef du gouvernement avait limogé Tigran Khatchatrian, l'adjoint du chef d'état-major du pays. De quoi déclencher la colère du commandement militaire, qui a en retour réclamé sa démission, jugeant que le Premier ministre n'était "plus en mesure de prendre les décisions qui s'imposent".

Nikol Pachinian a dénoncé jeudi matin une "tentative de coup d'Etat militaire" sur sa page Facebook avant de rallier 20 000 de ses partisans dans les rues d'Erevan. Le pas décidé, mégaphone en main, le Premier ministre de 45 ans a pris la tête du cortège. "La situation est tendue mais tout le monde est d'accord qu'il ne doit pas y avoir d'affrontements (...), la situation est gérable", a-t-il dit, qualifiant l'appel des militaires à son départ de "réaction sous le coup de l'émotion".

Moscou et Ankara affichent leur inquiétude

L'opposition arménienne, qui réclame le départ de Nikol Pachinian depuis la défaite militaire arménienne face à l'Azerbaïdjan au Haut-Karabakh, a profité de cette situation pour réitérer cette revendication. Elle estime que le Premier ministre risque de conduire l'Arménie à la "guerre civile".

"La déclaration de l'armée est un tournant. Nous appelons Nikol Pachinian à ne pas mener le pays vers la guerre civile et une effusion de sang. Pachinian a une dernière chance de partir sans qu'il y ait de troubles", a jugé le parti Arménie prospère, principale formation d'opposition. La puissante Eglise apostolique arménienne (une église chrétienne orthodoxe) a de son côté appelé les forces politiques à trouver une solution "à la table des négociations pour le bien de la patrie et du peuple".

Le Kremlin, se disant "préoccupé" par la situation, a appelé "au calme" dans cette ex-république soviétique du Caucase, un allié traditionnel de la Russie. La Turquie, ennemi juré de l'Arménie et qui a soutenu militairement l'Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabach, a dit pour sa part "fermement" condamner la "tentative de putsch" en Arménie.

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