Vers la légalisation du cannabis en Uruguay ?

Les députés de ce petit pays sud-américain ont voté dans la nuit un projet de loi légalisant l'usage de la marijuana. 

Des partisans de la loi sur la légalisation du cannabis manifestent devant le Parlement uruguayen, le 31 juillet 2013 à Montevideo (Uruguay).
Des partisans de la loi sur la légalisation du cannabis manifestent devant le Parlement uruguayen, le 31 juillet 2013 à Montevideo (Uruguay). (PABLO BIELLI / AFP)

La disposition doit encore être ratifiée par le Sénat. La Chambre des députés uruguayens a voté, mercredi 31 juillet dans la soirée, la légalisation de la marijuana. Le texte a été approuvé par 50 voix sur 96 après 14 heures de débat, grâce aux voix du Frente amplio (FA, gauche, au pouvoir), également majoritaire au Sénat. Si la loi est promulguée, ce petit pays sud-américain deviendrait le premier du monde où l'Etat contrôlerait la production et la vente du cannabis.

Les résultats du vote ont été accueillis par les applaudissements d'une centaine de partisans de la légalisation, présents à l'assemblée. Le projet de loi prévoit notamment que l'Etat "assume le contrôle et la régulation de l'importation, de l'exportation, de la plantation, de la culture, de la récolte, de la production, de l'acquisition, du stockage, de la commercialisation et de la distribution du cannabis et de ses dérivés".

Une culture personnelle autorisée

L'objectif avoué de ce texte, déposé à l'été 2012 par la présidence mais élaboré par le Parlement, où sont majoritaires les élus du Frente amplio, est de "minimiser les risques et réduire les dommages de l'usage du cannabis". La consommation n'est actuellement pas pénalisée en Uruguay, contrairement à son commerce. Si le texte était approuvé, un organisme serait créé - l'Institut de régulation et de contrôle du cannabis - afin de gérer la production et la distribution, et de veiller à l'application de la loi.

Les consommateurs, résidents en Uruguay, majeurs et inscrits dans un registre des usagers, pourraient acheter jusqu'à 40 grammes par mois dans des pharmacies autorisées. Le but "n'est pas de promouvoir la consommation, la consommation existe déjà", s'est défendu le député Sebastian Sabini, mais de couper les consommateurs des réseaux mafieux et lutter contre le trafic de drogue.

La loi prévoit aussi de permettre la culture à usage personnel à hauteur de six plants. La création de clubs de consommateurs de 15 à 45 membres serait également permise, avec une limite autorisée de 99 plants. La vente par l'Etat uruguayen de cannabis aux consommateurs enregistrés constituerait une première mondiale, selon les experts.