Quand Barack Obama utilise l'humour pour vendre sa réforme

Le président américain était l'invité de l'émission complètement loufoque de l'humoriste américain Zach Galifianakis. Il y a fait la promotion de l'Obamacare.

Capture d\'écran de l\'émission \"Between Two Ferns\", présentée par l\'acteur Zach Galifianakis, avec pour invité, Barack Obama, mardi 11 mars 2014. 
Capture d'écran de l'émission "Between Two Ferns", présentée par l'acteur Zach Galifianakis, avec pour invité, Barack Obama, mardi 11 mars 2014.  (FUNNYORDIE.COM )

Imaginez François Hollande promouvoir le pacte de responsabilité sur la chaîne YouTube de Norman fait des vidéos. Impensable ? Pas aux Etats-Unis. Barack Obama a tenté une opération de communication très osée, mardi 11 mars, en s'invitant sur le plateau de "Between Two Ferns" ("entre deux fougères", en référence au décor), l'émission quatrième degré de l'humoriste américain Zach Galifianakis, connu notamment pour ses rôles dans la saga Very Bad Trip.

Diffusée sur le site internet Funny Or Die (en anglais), le vrai-faux show décalé a permis au président des Etats-Unis de se livrer à un exercice de pédagogie sur sa réforme controversée du système de santé américain, Obamacare. Le tout, en mouchant son hôte, grâce à des dialogues soigneusement écrits.

Après un échange de pics bien sentis entre le président et l'animateur, à côté de la plaque voire méprisant comme avec chaque invité ("Nous recevons, Barack ? Barack O... Président, Barack Obama..."), le chef de l'Etat se lance dans une publicité en bonne et due forme de l'Obamacare, invitant les jeunes à y souscrire "pour le coût d'un abonnement téléphonique".

"Vous devriez aller sur Healthcare.com"

Controversée depuis son lancement en 2010, la réforme du système de santé a longtemps été un boulet au pied du président américain. Fin 2013, les pannes récurrentes sur le site mis en place par la Maison Blanche pour souscrire à l'Obamacare avaient jeté le discrédit sur cette initiative, visant à accorder une assurance santé aux plus démunis. "Si [les jeunes] prennent cette assurance, cela peut faire une vraie différence et ils ont jusqu'au 31 mars pour s'inscrire", indique le président, qui donne aussi le numéro de téléphone et l'adresse du site auprès desquels ils peuvent effecteur leur démarche.

"Je n'ai pas de téléphone, je ne veux pas que vous regardiez mes textos", répond le comédien, en référence au scandale des écoutes de la NSA, l'agence de surveillance américaine. "D'abord, vos textos n'intéressent personnes, Zach", lui rétorque Obama. "Mais vous pouvez aussi effectuer les démarches en personne. Aussi, les assurances ne peuvent plus vous discriminer si vous souffrez déjà d'une quelconque maladie." L'air inquiet, Zach Galifianakis tend son bras et dévoile au président "une morsure d'araignée". "Vous devriez aller sur healthcare.gov, Zach, parce que, sincèrement, je n'ai jamais rien vu d'aussi dégoutant", lui conseille le président en guise de conclusion.

L'humour comme moyen de communication politique 

Ce n'est pas la première fois que le président américain se sert de l'humour pour se sortir de situation délicate. Régulièrement attaqué par une partie de ses adversaires républicains sur ses origines, Barack Obama s'est vu contraint de publier en avril 2011 son acte de naissance afin de prouver qu'il était bien né aux Etats-Unis, et non au Kenya, pays natal de son père, comme le sous-entendaient ses détracteurs. 

Un mois plus tard, il ridiculise cette théorie conspirationniste à l'occasion du dîner des correspondants de la Maison Blanche, une soirée de gala organisée pour les journalistes et prétexte, comme le veut la tradition, à un discours humoristique. Assurant dévoiler le film de sa naissance, il avait fait diffuser un extrait du Roi lion : la naissance de Simba, dans la savane africaine.

Interrogé trois ans plus tard par Zach Zalifianakis, soucieux de savoir s'il veut faire construire une bibliothèque à son nom, aux Etats-Unis où au Kenya ("Votre pays d'origine", dit l'humoriste), Obama n'a plus besoin de se justifier : "Je ne répondrai pas à cette question stupide, Zach."