Venezuela : l'Etat montre les dents contre les "pirañas", des gangs de voleurs de cheveux

Des malfaiteurs coupent les cheveux de leurs victimes pour les revendre à des salons, qui en font des perruques. Le président Maduro leur déclare la guerre.

Des perruques dans un magasin de Caracas, au Venezuela, le 16 septembre 2005.
Des perruques dans un magasin de Caracas, au Venezuela, le 16 septembre 2005. (LESLIE MAZOCH/AP/SIPA / AP)

Au Venezuela, dans l'Etat de Zulia (ouest) et plus précisément dans sa capitale, Maracaibo, les "pirañas" ont une méthode rodée et brutale. Des hommes aussi bien que des femmes repèrent leur victime. Elle est bloquée dans une rue, entravée fermement et les "pirañas" lui coupent les cheveux.

Une méthode qui leur a valu, dans la population, le surnom du féroce poisson carnivore réputé pour dévorer rapidement sa proie. D'une belle chevelure, ils peuvent tirer jusqu'à 3 000 bolivars, soit près de 500 dollars (375 euros) au change officiel. Les cheveux sont ensuite utilisés pour des perruques ou des extensions capillaires dans les salons de coiffure.

Le phénomène se répand

Mais le président vénézuélien Nicolas Maduro veut mettre un terme à ces gangs. "Nous allons capturer ces gens (...). Qu'est-ce que signifient ces agressions contre les femmes ? Les femmes sont sacrées. Sachez, tous ceux qui sont impliqués ou qui font partie de ces groupuscules, que nous allons vous punir avec force", a assuré le président, jeudi 15 août.

La police locale a renforcé les patrouilles dans les lieux les plus fréquentés des villes de l'Etat. Mais selon la presse vénézuélienne, le phénomène se répand et d'autre cas de vols de cheveux sont survenus plus récemment dans d'autres villes comme Caracas ou Valencia (centre). Le Venezuela, pays en proie à une forte insécurité, affiche le taux d'homicides le plus élevé d'Amérique du Sud (presque 55 pour 100 000 habitants), avec plus de 16 000 meurtres reconnus par le gouvernement en 2012, pour 29 millions d'habitants.