L'ex-dictateur du Panama Manuel Noriega extradé vers son pays

Vingt-deux ans après sa chute, Manuel Noriega devrait purger 20 ans de prison pour avoir afit disparaître des opposants pendant la dictature.

L\'ex-dictateur du Panam Manuel Noriega arrivé à l\'aéroport d\'Orly sous escorte pour être extradé vers son pays, le 11 décembre 2011.
L'ex-dictateur du Panam Manuel Noriega arrivé à l'aéroport d'Orly sous escorte pour être extradé vers son pays, le 11 décembre 2011. (FRED DUFOUR / AFP)

L'ex-dictateur du Panama Manuel Noriega a quitté la France dimanche 11 décembre pour être extradé vers son pays. Renversé il y a 22 ans par ses anciens alliés américains, il devrait purger trois peines de 20 ans de prison pour des disparitions d'opposants.

La cour d'appel de Paris a rendu le 23 novembre un avis favorable à son extradition, ouvrant la voie au retour dans son pays du général qui a dirigé le Panama d'une main de fer entre 1983 et sa destitution par les Etats-Unis en décembre 1989. Il était détenu depuis 2010 à la prison parisienne de la Santé pour blanchiment d'argent, après avoir passé plus de 20 années en cellule aux Etats-Unis pour trafic de drogue.

Outre la condamnation déjà prononcée, les autorités panaméennes souhaitent le juger pour d'autres faits commis durant ses années au pouvoir, marquées par de multiples violations des droits de l'Homme. Le président du Panama, Ricardo Martinelli, a déclaré vendredi que Noriega irait "directement en prison", mais l'ex-dictateur pourrait demander à être assigné à résidence.

Manuel Noriega pourrait révéler de lourds secrets

Le retour de cet ancien agent de la CIA, devenu ennemi juré des Etats-Unis, suscite quelques inquiétudes au Panama, au regard des secrets qu'il pourrait détenir sur des personnalités politiques et des grandes fortunes édifiées sous son régime.

D'anciens opposants à l'ex-dictateur ont prévu d'organiser une manifestation le jour de son retour, dans le secteur bancaire de la capitale, à l'endroit même où se déroulaient dans les années 80 les manifestations pour demander la fin du régime militaire (1968-1989).