L'Argentine en "défaut de paiement virtuel", confirme son président

Alberto Fernandez, qui a pris ses fonctions le 10 décembre, estime qu'il a hérité de la situation laissée par son prédécesseur et compare la situation à 2001.

Le président de l\'Argentine Alberto Fernandez lors de sa prise de fonction le 10 décembre 2019.
Le président de l'Argentine Alberto Fernandez lors de sa prise de fonction le 10 décembre 2019. (JUAN MABROMATA / AFP)

L'Argentine est en "défaut de paiement virtuel". Le président du pays, Alberto Fernandez, l'a confirmé, dimanche 22 décembre, deux jours après les estimations similaires des agences d'évaluation financière Fitch et Standard and Poor's. "Ce n'est pas pareil qu'en 2001, mais oui ça y ressemble", a affirmé le chef de l'Etat dans un entretien avec la chaîne América TV. Cette année-là, le pays avait plongé dans la plus grave crise économique de son histoire après s'être déclaré en défaut de paiement sur sa dette publique.

"A ce moment-là, on avait 57% de taux de pauvreté, aujourd'hui 41%. On avait une dette sur laquelle nous faisions défaut, aujourd'hui c'est un défaut de paiement virtuel", a-t-il poursuivi. "C'est de ça que nous héritons. Nous ne pouvons pas faire face et payer les obligations qui tombent", a déploré Alberto Fernandez, qui a pris ses fonctions le 10 décembre. Ce président de gauche a succédé à un libéral, Mauricio Macri, qui a complètement échoué sur le plan économique, en laissant un pays en proie à la récession et l'inflation. En 2019, le PIB devrait avoir chuté de 3,1%, et les prix avoir augmenté de 55%.

Une dette publique qui représente 90% du PIB

Vendredi, Buenos Aires avait différé au mois d'août le remboursement de 9 milliards de dollars de dette libellée en dollars. Standard and Poor's et Fitch avaient alors abaissé la note attribuée à "RD" ("défaut sélectif"). La dette publique se monte à quelque 330 milliards de dollars, soit près de 90% du PIB, dont 44 milliards auprès du Fonds monétaire international. Samedi, le Congrès a voté une loi d'urgence économique, qui prévoit entre autres une hausse de la fiscalité pour les classes moyennes et supérieures, des prestations sociales pour les plus défavorisés, et une taxe de 30% sur les achats et autres dépenses en devises étrangères. Elle entre en vigueur lundi.