Fusillade dans le Connecticut : le personnel de l'école, héroïque dans le drame

La petite ville de Newtown, dans le Connecticut, où 26 personnes dont 20 enfants ont été fauchées dans une école par un tireur vendredi, pleure ses héros.

La mère et la sœur de Victoria Soto, institutrice à l\'école de Sandy Hook, à Newtown, dans le Connecticut (Etats-Unis) lors d\'une veillée en hommage aux victimes de la tuerie, le 15 décembre 2012 à Stratford.
La mère et la sœur de Victoria Soto, institutrice à l'école de Sandy Hook, à Newtown, dans le Connecticut (Etats-Unis) lors d'une veillée en hommage aux victimes de la tuerie, le 15 décembre 2012 à Stratford. (JARED WICKERHAM / GETTY IMAGES / AFP)

Encore sous le choc, les habitants de Newtown, dans le Connecticut, pleurent leurs victimes et célèbrent leurs héros. A l'école primaire de Sandy Hook, où Adam Lanza a abattu 20 enfants et 6 adultes vendredi 14 décembre, enseignants et membres du personnel de l'école ont tout fait pour protéger leurs petits élèves du tueur. Les détails de leur action émergent peu à peu.

Une institutrice, morte en protégeant ses élèves

Le visage de Victoria Soto, une enseignante de 27 ans, est devenu l'un des symboles de leur courage. "On a dit à la famille qu'elle essayait de protéger ses élèves, (...) et qu'elle s'est retrouvée entre eux et le tireur", a raconté à ABC News (en anglais) son cousin.

Les détails sont encore flous mais selon une de ses amies, citée par le New York Daily News (en anglais), celle que ses proches surnommaient Vicky aurait caché les enfants dans les placards de la salle de classe, comme le préconisent les procédures d'urgence, et prétendu qu'ils étaient en cours de sport lorsque le tueur a déboulé. La jeune femme a été abattue dans sa classe. Ses 20 élèves sont saufs.

Son mari et ses filles témoignent comme le raconte Claude Sempère pour France 2.

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La directrice, qui a lancé l'alerte avant d'être tuée

La directrice et la psychologue de l'école sont également au nombre des victimes. Les deux femmes étaient en réunion avec un parent d'élève et d'autres membres de l'équipe lorsqu'elles ont entendu les coups de feu. Selon les témoins présents à la réunion et cités par le Wall Street Journal (en anglais), les deux femmes seraient sorties dans le couloir pour lancer l'alerte et tenter de faire barrage au tireur. Se trouvant face à face avec le tueur, Adam Lanza, elles ont toutes les deux été abattues. 

Aavnt d'être fauchée par les tirs, la directrice, Dawn Hochsprung, 47 ans, aurait eu la présence d'esprit d'enclencher l'intercom de l'école, relié aux salles de classe, permettant ainsi d'alerter tous les enseignants.

Des enseignants faisant barrage à tout prix

Parmi ceux-là, Maryrose Kristopik, professeure de musique. Pour faire barrage au tueur, elle aurait utilisé les instruments qui se trouvaient dans la pièce pour bloquer l'une des portes, en se plaçant elle-même contre la deuxième.

"J'ai fait entrer les enfants dans le placard et leur ai dit de rester silencieux", a-t-elle raconté. Le tueur aurait tambouriné sur la porte avant de passer son chemin, selon The Independent (en anglais).

Dans la bibliothèque de l'école, où 18 élèves se trouvaient ce matin-là, Mary Ann Jacob, bilbiothécaire, et les autres adultes n'ont pas paniqué en découvrant que la porte ne fermait pas à clé. Après avoir caché les enfants dans les placards, en leur rappelant les exercices déjà pratiqués, ils ont poussé une armoire devant la porte pour la bloquer. Lorsque les tirs se sont arrêtés et que la police est arrivée à la porte, ils ont refusé de l'ouvrir jusqu'à ce qu'un badge soit glissé sous la porte, explique le Huffington Post.

Il y aussi ce gardien qui a arpenté les couloirs en courant au péril de sa vie, vérifiant que les portes des classes étaient verrouillées, ou encore cette enseignante, Kaitlin Roig qui, redoutant l'exposition que représentaient les grandes fenêtres de sa salle de classe, a fait s'entasser ses 15 élèves dans les toilettes. Après leur avoir expliqué que "des méchants" étaient dehors, elle leur a dit qu'elle "les aimait tous très fort". Pour qu'au cas où ils meurent, ce message soit "la dernière chose qu'ils entendent"