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Evo Morales, un président…original

Dernière révélation en date sur les excentricités du président bolivien : Evo Morales a déclaré mercredi 2 juillet 2014 qu’il avait autrefois l’habitude de se soigner en buvant son urine. Indigène aymara, originaire de la cordillère des Andes, le chef de l’Etat est plutôt atypique.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Evo Morales a assisté à l'investiture de la présidente chilienne, Michelle Bachelet, en mars 2014. (AFP/Claudio Reyes)
Lors d’une cérémonie publique mercredi 2 juillet dans la région de Cochabamba, le président a évoqué les soins naturels utilisés par les indigènes: "A la campagne j'utilisais de la lampaya et de la wira-wira pour soigner la  toux et, il me coûte de dire la vérité, de l'urine. Quand un médecin me disait: « Prenez de l'urine, c'est bon », je me soignais en prenant de l'urine, c'était  ma médecine".
 
Président et footballeur
Autre particularité d’Evo Morales : le président bolivien est également joueur de football professionnel. Le club de foot des Sport Boys, installé au nord de Santa Cruz de la Sierra, l’a engagé pour la saison 2014-2015 en tant que milieu de terrain.

Evo Morales a affronté l'équipe de football de l'ONU en septembre 2013, à New-York, en marge de la 68e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. (AFP PHOTO/Don Emmert)
A 54 ans, le chef de l’Etat aurait une bonne technique mais manquerait d’endurance en raison de son âge et de son embonpoint. Désormais numéro 10 de l’équipe, le président ne joue cependant pas tous les matchs «à cause de son autre occupation : diriger le pays», ironise The Independent.
 
Pieds  nus et sans cravate
L’investiture d’Evo Morales, premier chef de l’Etat issu de la population amérindienne, le 22 janvier 2006, a été haute en couleur. Pieds nus et demandant la grâce et l’inspiration des divinités précolombiennes, dont la déesse Terre Pachamama, le nouveau président s’est exprimé devant de nombreux indigènes venus l’écouter.

Des indiens Aymara célèbrent en musique l'investiture d'Evo Morales en janvier 2006. (AFP PHOTO/MARTIN BERNETTI)
Il a notamment prévenu qu’il ne porterait ni cravate, ni costume trois pièces. «La plupart des Boliviens ne portent pas de cravate et j’appartiens à cette majorité […] Ca me gênerait, c’est si serré autour du cou, j’aurais l’impression d’être pendu», a-t-il déclaré.  
 
Salaire divisé par deux
Morales avait promis que s’il était élu, il réduirait de moitié son salaire. Ce fut chose faite, par décret, cinq jours après sa prise de fonction. Son salaire s’élevait donc à 15.000 bolivianos, soit 1.397 euros en 2006. En mai 2013, il a dû revoir son salaire à la hausse de 20%, une étape indispensable afin de pouvoir relever les salaires des fonctionnaires.
 
«Une loi interdit aux fonctionnaires de gagner plus que le chef de l’Etat, dont la rémunération est fixée à quinze fois le salaire minimum», précise Le Figaro. Les membres de son gouvernement ont par ailleurs reçu l’ordre de ne pas recevoir de rémunération supérieure à la sienne.
 
Ni fainéant, ni menteur, ni voleur…
L’arrivée au pouvoir d’Evo Morales a correspondu à une modification de la Constitution. Le nouveau chef d’Etat a souhaité donner une meilleure représentation des indigènes aux Congrès.
 
Le pays change par la même occasion de principe éthique. Le code moral des Aymara – «Ne sois pas fainéant, ne mens pas, ne vole pas» - est consacré et la loi protège désormais les pratiques spirituelles des indigènes.
 
…mais mâcheur de coca.
Le président bolivien soutient depuis des années le retrait de la plante de la liste des substances interdites. En mars 2013, lors d’une réunion des 53 pays membres de la Commission des stupéfiants de l’ONU il s’est d’ailleurs mis à mâcher une feuille de coca.
 
Cultivateur et consommateur, Evo Morales s’est alors adressé aux ministres de la Justice et de l’Intérieur des pays membres de la Commission : «Si c’est une drogue, alors vous devez me mettre en prison».

«Pris en otage»
En juillet 2013, en pleine affaire Snowden, alors qu’Evo Morales quitte la Russie à bord de son avion présidentiel, les Etats-Unis donne l’ordre à quatre pays européens (la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal) de ne pas autoriser le survol de leur territoire aérien par l’avion bolivien car ils le soupçonnaient d’avoir l’analyste américain Edward Snowden à son bord. L’équipage du président Morales a alors été contraint de se poser en urgence à Vienne, en Autriche.

L'avion d'Evo Morales a finalement pu se poser à La Paz le 3 juillet (AFP PHOTO/JORGE BERNAL)
Cet épisode avait provoqué un grave incident diplomatique, le président considérant qu’il avait été pris en otage par les pays européens concernés. 

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