Etats-Unis : une loi sur la liberté religieuse inquiète les défenseurs des homosexuels

Ratifiée dans l'Etat de l'Indiana, cette loi vise officiellement à "protéger la liberté religieuse".

Le gouverneur de l\'Etat de l\'Indiana, Mike Pence, le 26 mars 2015 à Indianapolis (Etats-Unis).
Le gouverneur de l'Etat de l'Indiana, Mike Pence, le 26 mars 2015 à Indianapolis (Etats-Unis). (MICHAEL CONROY / AP / SIPA)

C'est un texte discriminatoire, selon ses détracteurs. Une loi sur la liberté de religion dans l'Indiana (nord) a provoqué la colère des associations de défense des gays et lesbiennes et de plusieurs célébrités. Ils lui reprochent de permettre aux entreprises de cet Etat du Midwest de refuser des clients homosexuels au nom de leurs croyances.

Le gouverneur républicain de l'Etat, Mike Pence, a ratifié la loi jeudi 26 mars lors d'une cérémonie à huis clos à laquelle participaient des religieuses catholiques, des juifs orthodoxes et des groupes conservateurs. Il affirme avoir promulgué cette loi car "de nombreuses personnes ayant la foi ont le sentiment que leur liberté religieuse est attaquée par le gouvernement".

Le patron d'Apple mécontent

La loi, qui prendra effet le 1er juillet, ne fait pas mention des homosexuels et Mike Pence affirme que si la loi était discriminatoire, il ne l'aurait jamais signée. Mais les militants de la cause homosexuelle pensent le contraire. "Ils disent en substance que, si votre religion le dit, c'est possible de discriminer des gens", a expliqué Sarah Warbelow, directrice juridique de la Human Rights Campaign, plus grande association américaine de défense des droits homosexuels.

La polémique s'est propagée jusque dans la Silicon Valley. Le patron d'Apple, Tim Cook a exprimé son "profond mécontentement" sur Twitter et appelé le gouverneur de l'Arkansas Asa Hutchinson à poser son veto à une loi similaire en préparation.

Le groupe d'informatique dématérialisée Salesforce envisage de repenser ses investissements dans l'Indiana. La grande conférence de jeux Gen Con a menacé d'organiser sa convention ailleurs. Et la puissante association sportive NCAA (National Collegiate Athletic Association), qui accueille la finale de basket des étudiants américains à Indianapolis la semaine prochaine, a dit être "particulièrement inquiète".

Des célébrités ont aussi exprimé leur colère. L'acteur Ashton Kutcher a comparé le texte aux lois antisémites et la chanteuse Miley Cyrus a insulté le gouverneur sur Instagram.