Colombie : le président Ivan Duque sous pression après une semaine de manifestations

On dénombre au moins 24 morts et 850 blessés depuis le début du mouvement social, parti d'un projet de réforme fiscale aujourd'hui abandonné.

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Une manifestation contre le gouvernement à Bogota (Colombie), le 5 mai 2021. (IVAN VALENCIA / AP)

Au moins 24 morts. La Colombie est entrée mercredi 5 mai dans sa deuxième semaine de manifestations contre le gouvernement de droite du président Ivan Duque. Ce dernier a dénoncé un "vandalisme violent" et proposé un dialogue, qui ne devrait toutefois pas débuter avant plusieurs jours.

Plusieurs milliers de personnes, syndicalistes, étudiants et issues d'autres secteurs, sont descendues dans les rues de plusieurs grandes villes ces derniers jours. Leur but ? Réclamer une amélioration des politiques de santé, d'éducation, de sécurité et dénoncer les abus des forces de l'ordre.

La mobilisation, qui dure depuis le 28 avril, visait initialement un projet de réforme fiscale qui, selon ses critiques, aurait affecté la classe moyenne et était inopportun en pleine pandémie de Covid-19. Le président l'a retiré, promettant un nouveau texte sans les points contestés comme la hausse de la TVA et l'élargissement de la base de l'impôt sur le revenu. Mais la contestation s'est maintenue avec de nouveaux mots d'ordre.

Colombie : les manifestants obtiennent le retrait de la réforme fiscale
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Les violences qui ont émaillé ces manifestations ont fait au moins 24 morts et quelque 850 blessés, selon des sources officielles. Mais des ONG locales ont annoncé des chiffres plus élevés, notamment l'association Temblores, qui dénombre 37 morts. Reporters sans frontières (RSF) a déploré 76 agressions contre des journalistes, dont 10 ont été blessés par les forces de l'ordre.

La FIDH demande des sanctions internationales

La Fédération internationale des droits humains (FIDH) a tweeté mercredi contre "les graves violations perpétrées par la police", exhortant l'Union européenne (UE) "à suspendre immédiatement (...) tout type de livraison d'armement" et "d'aide militaire" à la Colombie, et demandant des "sanctions internationales contre le président Ivan Duque".

L'ONU, l'UE et les Etats-Unis ont dénoncé cette semaine un usage disproportionné de la force par la police. Le chef de l'Etat, dont la popularité est en berne à 33%, a été confronté à de multiples manifestations depuis 2019, dans un pays en récession et affecté par une recrudescence du conflit armé qui le mine depuis près de soixante ans.

La quatrième économie d'Amérique latine pâtit d'une chute du produit intérieur brut (PIB) de 6,8% en 2020, d'un chômage de 16,8% et d'un taux de pauvreté à 42,5% alors que près de la moitié de la population active vit d'emplois informels. La Colombie fait en outre face à une troisième vague de Covid-19 avec à ce jour plus de 2,9 millions de cas, dont 76 015 décès, sur 50 millions d'habitants.

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