Chili : le couvre-feu décrété à Santiago pour la troisième nuit consécutive

Depuis plusieurs semaines, un mouvement de contestation inédit embrase le pays. 

Des heurts ont éclaté lundi 21 octobre entre militaires et manifestants, à Santiago, au Chili. 
Des heurts ont éclaté lundi 21 octobre entre militaires et manifestants, à Santiago, au Chili.  (MARTIN BERNETTI / AFP)

Les autorités ont décidé d'un couvre-feu pour une troisième nuit consécutive à Santiago, la capitale chilienne. Lundi 21 octobre, le général Javier Iturriaga, chargé d'assurer la sécurité publique depuis l'éclatement de violentes protestations sociales au Chili, qui ont fait douze morts, a déclaré dans une allocution télévisée que ce couvre-feu "concernera toute la région métropolitaine [de Santiago] aujourd'hui à partir de 20 heures [1 heure en France] et jusqu'à 6 heures [11 heures en France]".

Un premier couvre-feu nocturne avait été décrété dès samedi soir dans la capitale, renouvelé dans la nuit de dimanche à lundi.

La Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et ex-présidente du Chili, Michelle Bachelet, appelle au dialogue immédiat entre gouvernement et manifestants.

Plus de deux mille personnes arrêtées depuis vendredi

Des milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés lundi dans le centre de Santiago, scandant "les militaires dehors", à l'adresse des soldats et policiers déployés en nombre dans le centre de Santiago. Près de 10 000 d'entre eux ont été déployés. C'est la première fois que des militaires patrouillent dans les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Selon les autorités, 2 151 personnes ont été arrêtées dans tout le pays depuis vendredi.

Les étudiants avaient appelé à de nouvelles manifestations pour lundi dans la capitale alors que les cours ont été suspendus dans la quasi totalité des écoles et universités de Santiago. Les transports publics restent très perturbés. Seule l'une des sept lignes de métro a rouvert et le réseau de bus n'a repris que partiellement. 

Dans la capitale, de longues files d'attente sont visibles alors que les Chiliens tentent de s'approvisionner en essence et en denrées diverses.