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Fusillade : la législation sur les armes pointée de nouveau du doigt

Barack Obama a promis des "actes significatifs" pour empêcher des tragédies similaires de se reproduire, mais de nombreux américains sont très attachés au droit de porter une arme. 

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Des partisans de la régulation de la vente des armes à feu aux Etats-Unis, se sont rassemblés devant la Maison-Blanche à Washington, vendredi 14 décembre.  (LARRY DOWNING / REUTERS )

L'histoire se répète tristement. La tuerie de l'école de Sandy Hook dans le Connecticut vendredi 14 décembre, qui a fait 27 morts dont 20 enfants, a relancé le débat sur les armes à feu. 

Mais dans un pays où le droit de porter une arme est inscrit dans la constitution, cette question est particulièrement épineuse. Francetv info revient sur les réactions suscitées par ce drame. 

Des Américains réclament une loi

Vendredi soir, une cinquantaine de personnes ont manifesté devant la Maison Blanche pour réclamer au président Barack Obama de réguler la circulation des armes à feu. "Protégez nos enfants, interdisez les armes maintenant", et "Monsieur le président, nous prions pour que vous agissiez", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants. D'autres tenaient des bougies allumées.

Rapidement, les premières tribunes ont aussi fleuri sur Internet. Sur le Huffington Post, une éditorialiste a appelé les parents à être unis dans ce combat.

La Maison Blanche encore réticente

Très ému, Barack Obama a présenté ses condoléances aux familles lors d'une déclaration à la presse. "Nous avons subi trop de tragédies" comme cette fusillade, a-t-il reconnu. Cette fois, il a promis des "actes significatifs" pour empêcher des tragédies similaires de se reproduire, sans donner plus de précisions sur la nature de ces actes.

Interrogé sur la question des armes plus tôt lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avait affirmé que "ce n'était pas le jour" pour parler de politique. 

Plusieurs fusillades ont entaché le mandat du président Barack Obama depuis 2009. La tuerie dans un cinéma d'Aurora dans le Colorado cet été, qui avait fait 12 morts dont le tireur, avait ainsi relancé le débat sur le contrôle des armes. Face à la pression du puissant lobby de la National rifle association (NRA), pro-armes à feu, le président américain avait refusé de changer la loi.

Anne-Charlotte Hinet / France 2

Des personnalités mobilisés

Plus tôt dans la journée, le réalisateur américain Michael Moore, très engagé contre le port d'armes aux Etats-Unis, a jugé sur son compte Twitter que "la seule manière d'honorer ces enfants morts était d'exiger une réglementation stricte des armes".

Le cinéaste militant a remporté en 2003 l'Oscar du meilleur film documentaire pour Bowling for Columbine qui revenait sur le massacre de 13 personnes en 1999 par deux adolescents dans leur lycée de Columbine dans le Colorado (ouest). "Trop tôt pour dénoncer une nation folle des armes? Non, trop tard. Au moins TRENTE ET UNE tueries dans des écoles depuis Columbine", a-t-il encore tweeté réagissant aux propos du porte-parole de la Maison Blanche.

L'élu démocrate Jerrold Nadler a quant à lui immédiatement répondu à l'instar de nombreux Américains sur Twitter: "Si ce n'est pas le moment d'avoir une discussion sérieuse sur le contrôle des armes, je ne sais pas quand cela arrivera. (...) Je mets le président Obama, le Congrès et le public américain au défi d'agir au-delà du choc, et d'enfin faire quelque chose". Le maire de New York, Michael Bloomberg, militant de longue date d'un renforcement des réglementations sur les armes, a également appelé le président à "envoyer un projet de loi au Congrès", en plus de ses condoléances.

"Nous avons déjà entendu la rhétorique. Ce que nous n'avons pas vu, c'est du leadership, ni de la part de la Maison Blanche, ni du Congrès. Cela doit s'arrêter aujourd'hui", a-t-il écrit sur le compte Twitter de la ville.

Des pro-armes veulent armer les professeurs

"Nous déplorons la mauvaise utilisation des armes à feu", explique à l'AFP Alan Gottlieb, fondateur de la Fondation pour le Second Amendement."Mais il y a un bon côté aux armes qu'on ne doit pas oublier. Ce qui me reste en travers de la gorge, c'est que tous ces crimes complètement fous se sont déroulés dans des lieux où il est interdit d'avoir des armes", poursuit-il, estimant que les adultes des écoles devraient avoir le droit d'être armés."Je suis sûr que la personne qui a commis cet horrible crime savait qu'il pouvait y aller et que personne ne pourrait l'arrêter" a-t-il indiqué.

Ainsi, une pétition citoyenne a vu le jour sur la page Wethepeople (nous le peuple), du site de la Maison Blanche, réclamant que les professeurs puissent être armés. Samedi matin, elle avait été signée par plus de 1 400 personnes. 

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