Algérie : 38 otages, dont 37 étrangers, et 29 terroristes tués à In Amenas

INFOGRAPHIE Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a annoncé que 38 personnes, dont 37 ressortissants étrangers, ont été tués pendant la prise d'otages d'In Amenas. Parmi les preneurs d'otages, qui étaient 32 selon Alger, 29 ont été tués et trois arrêtés vivants. La deuxième opération, menée dans le complexe gazier, a été la plus meurtrière : tous les otages ont été tués "d'une balle dans la tête".

(Capture d'écran France 24)

Le bilan définitif de la
prise d'otages d'In Amenas s'élève à 37 ressortissants étrangers tués, de huit
nationalités différentes, ainsi qu'un Algérien. Le Premier ministre algérien l'a annoncé
ce lundi dans une conférence de presse. La base comportait 790 travailleurs
dont 134 étrangers de 26 nationalités. Jusqu'ici, la plupart ont été libérés, "il
ne reste que 5 ressortissants étrangers dont on n'a pas de nouvelles
",
a affirmé Abdelmalek Sellal.  

"Parmi les 37
victimes, sept n'ont pas encore été identifiées
" a déclaré le Premier
ministre, qui a tenu à "rendre hommage aux victimes du terrorisme ",
qualifiant la prise d'otages d'un acte "lâche, de missionnaires ".

Le dernier bilan fourni
par les autorités algériennes samedi était déjà très lourd, faisant état de 32
morts parmi les ravisseurs, 23 parmi les otages ; il avait encore été alourdi
dimanche par la découverte de 25 corps supplémentaires dans le complexe gazier.
Le gouvernement japonais, de son côté, a confirmé la mort de sept
ressortissants japonais. Les Etats-Unis quant à eux ont annoncé que trois américains avaient été tués lors de la prise d'otages, et que sept autres avaient survécu.

Qui sont les terroristes
?

Les 32 terrorristes, a
déclaré le Premier ministre, sont "venus du nord du Mali " a
déclaré le Premier ministre, alors que l'incertitude planait encore sur la
provenance de ce groupe armé, d'abord identifié comme venant du Mali, mais ensuite
de Libye puis du Niger. Sur ces 32 terrorristes, 29 ont été tués, et trois ont
été arrêtés. Onze d'entre eux, toujours selon le Premier ministre algérien, étaient des Tunisiens.

La brigade de
Moulathamine, le groupe armé à l'origine de la prise d'otages, a menacé de
mener d'autres attaques contre les pays engagés au Mali, en particulier la France.
"Nous promettons plus d'opérations à tous les pays ayant pris part à la
croisade contre l'Azawad s'ils ne reviennent pas sur leur décision
",
affirme le groupe lié à Al Qaïda, dans un communiqué diffusé par l'agence de
presse mauritanienne Ani.

Le déroulement des
opérations

Alors qu'aucune image des événements n'a filtré, le Premier ministre algérien
a détaillé la manière dont les opérations se sont déroulées : "les terroristes
ont essayé de négocier. La négociation était impossible, ce qui a rendu nécessaire
l'intervention de l'unité d'élite de l'ANP formés spécifiquement pour ce genre
d'opérations".
Les événements se sont déroulés en deux opérations
distinctes menées par l'armée algérienne.

Le premier assaut a été
donné, selon Alger, alors que les preneurs d'otages tentaient de transférer
leurs prisonniers de la base de vie vers le complexe gazier en voiture. "Sur
chaque véhicule ils ont placé trois ou quatre travailleurs étrangers. Les
otages et les véhicules étaient piégés. Il y a eu une violente réaction des
forces armées : trois véhicules ont explosé et deux se sont retournés. Les otages survivants ont été libérés par
l'armée
", raconte Abdelmalek Sellal. Selon lui, le chef du commando, l'algérien Mohamed el-Amine Benchenab, a été tué dans cette opération.

Les otages du complexe
gazier tués "d"une balle dans la tête "

La deuxième opération s'est
déroulée sur le complexe gazier, où demeuraient "onze terroristes et
beaucoup d'otages
" selon le Premier ministre. Malgré une deuxième
intervention "très professionnelle " selon le Premier ministre,
les terrorristes ont exécuté tous les otages étrangers d'une balle dans la
tête. L'armée a exécuté à son tour les onze terrorristes de cette zone, mettant
ainsi fin aux opérations.

La direction des
opérations par l'armée algérienne avait suscité des critiques, notamment de la
part de Londres et Tokyo. "Les algériens ne font pas forcément les
choses de la manière dont nous les aurions faites
", avait déclaré le
ministre britannique de la Défense Philipp Hammind. "La réaction de
l'ANP a été appropriée
", répond Abdelmalek Sellal à ces critiques. "Devant
Dieu et les hommes, je témoigne que l'action de ces unités aurait été difficile
pour beaucoup d'autres unités dans le monde. La majorité de ces unités est
composé de jeunes
", a-t-il ajouté.