Vainqueurs des élections au Maroc, les islamistes cherchent à "rassurer"

Le leader du Parti de la justice et du développement a tenu à apaiser l'Occident et a fait allégeance au roi.

Le chef du Parti de la justice et du développement, Abdelilah Benkirane, félicité par une militante au siège du parti, le 26 novembre 2011 à Rabat (Maroc). 
Le chef du Parti de la justice et du développement, Abdelilah Benkirane, félicité par une militante au siège du parti, le 26 novembre 2011 à Rabat (Maroc).  (YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS)

Comme prévu, les islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (PJD) ont remporté une large victoire aux législatives du 25 novembre au Maroc, avec 107 sièges sur 395. Pour la première fois de l'histoire moderne du royaume, ils vont diriger le gouvernement. Un changement salué cette nuit par des milliers de marocains descendus dans les rues pour célébrer cette victoire, comme ici à Rabat:

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Aux dernières législatives de 2007, le PJD avait obtenu 47 sièges à la Chambre des représentants, qui en comptait alors 325. Son parcours a été fulgurant : il ne comptait que neuf députés en 1997. "C'est une victoire franche, mais on a besoin d'alliances pour travailler ensemble. On va attendre la nomination par le roi Mohamed VI d'un chef de gouvernement pour commencer les concertations avec les autres partis politiques", a déclaré Abdelilah Benkirane, le secrétaire général du PJD. 

Les islamistes modérés devraient s'allier à d'autres partis

Sauf surprise, Abdelilah Benkirane, 57 ans, devrait être désigné dans les prochains jours par le souverain pour former un gouvernement de coalition. Plusieurs partis de l'actuel gouvernement se sont déclarés prêts à participer à ces concertations. Parmi eux, l'Istiqlal (indépendance) du Premier ministre Abbas El Fassi, ainsi que l'Union socialiste des forces populaires (USFP).

L'Istiqlal obtient 60 sièges, suivi par le Rassemblement national des indépendants (RNI) du ministre de l'Economie et des Finances, Salaheddine Mezouar, avec 52 sièges, selon les chiffres définitifs du ministère de l'Intérieur. La participation a atteint 45,4 %, contre 37 % en 2007.

"L'Occident n'a rien à craindre"

Un mois après la victoire du mouvement islamiste Ennahda en Tunisie, Abdelilah Benkirane s'est voulu rassurant dimanche soir. Il a assuré que "l'Occident" n'avait rien à craindre de son parti et a martelé ses deux priorités : "la démocratie et la bonne gouvernance""Notre objectif est d'assurer la stabilité du pays, tout en revendiquant des réformes avec fermeté." 

Le PJD affiche une "référence islamique" et "monarchiste". Aussitôt après l'annonce des résultats officiels dimanche soir, Abdelilah Benkirane a réitéré son allégeance au roi Mohammed VI. "Le roi est le chef de l'Etat et aucune décision importante ne peut être prise en Conseil des ministres sans la volonté du roi", a-t-il déclaré au siège de son parti à Rabat, la capitale, tout en insistant sur la nécessaire évolution de la monarchie. 

Après le référendum constitutionnel de juillet, le déroulement des législatives a permis au pays de maintenir une stabilité voulue par le roi Mohamed VI, qui s'est engagé dans une politique de réformes.