VRAI OU FAKE À vrai dire. En Tunisie, infox en série sur la présidentielle

Entre faux sondages, faux désistements et déclarations inventées, la présidentielle en Tunisie a droit, elle aussi, à son lot d'infox, de fausses informations. La candidate Selma Elloumi affirme, par exemple, que la "fake news" annonçant son retrait de candidature a été relayée jusque dans les bureaux de vote. L'ambassadeur de France, lui, a dû démentir des propos critiques contre Kais Saied, le candidat arrivé en tête au premier tour.

On connaît maintenant les noms des deux qualifiés pour le second tour de la présidentielle tunisienne. D'un côté, le conservateur Kais Saied, de l'autre, l'homme d'affaire emprisonné Nabil Karoui.

Ces deux candidats et presque tous les autres ont été victimes de fausses informations pendant la campagne du premier tour.

La valse des faux sondages

Les internautes tunisiens ont été nombreux à recevoir sur leurs messageries Whatsapp ou Messenger une série de sondages. Des études soit disant confidentielles ou exclusives prévoyant les résultats du premier tour.

L'une d'entre elles plaçait par exemple Nabil Karoui en tête et reprenait la charte graphique de Sigma Conseil, un véritable institut de sondage tunisien. Mais son directeur a clairement démenti en être l'auteur. "Nous n'avons pas publié de sondage pendant la pré-campagne et la période électorale, affirme Hassen Zargouni, le directeur général de Sigma Conseil, contacté par TV5MONDE.

Vrai ou faux désistement ?

En plein mois d'août, dans une publication Facebook, un opposant à Adbelkrim Zbidi laisse entendre que le candidat soutenu par le parti de l'ancien président renonce à se présenter et qu'il se désiste au profit d'un autre.

Un mois plus tard, c'est l'une des deux seules femmes parmi 26 candidats, Selma Elloumi, qui est victime de la même rumeur : elle se désisterait au profit justement d'Adbelkrim Zbidi.

Ces deux nouvelles étaient fausses. Les deux prétendants à la présidentielle ont chacun dû se fendre de communiqués pour démentir la rumeur.

Selma Elloumi affirme d'ailleurs : "j'ai sorti un démenti mais ça n'a pas fonctionné. Même des membres de ma famille, quand ils sont allés (voter) pour les élections, on leur a dit "non, elle s'est désistée, votez pour X ou Y". Donc ça a eu un impact très négatif."

Les fausses déclarations

Les électeurs tunisiens ont dû aussi faire le tri parmi les déclarations. Scandale, par exemple, après des propos attribués à l'ambassadeur de France en Tunisie. Le diplomate aurait critiqué le candidat arrivé en tête au premier tour : "Kais Saied n'a pas d'expertise en politique extérieure et en gouvernance. Cela peut être un obstacle dans les intérêts franco-tunisiens" aurait affirmé Olivier Poivre d'Arvor selon une publication Facebook signée Mozaique News.

Rien de mieux pour susciter des accusations d'ingérence de la France dans l'élection présidentielle tunisienne.

La publication reprenait les codes visuels de Mosaïque FM, la première radio privée en Tunisie. Mais à y regarder de plus près, non seulement le logo n'était pas le même mais, en plus, le nom du média comportait un Z au lieu du S.

Cette déclaration était fausse. L'ambassade de France à Tunis a publié un démenti.

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