Tunisie : sept accusés condamnés à la prison à vie aux procès des attentats du musée du Bardo et de la station balnéaire de Sousse

Les deux procès ont été suivis avec une grande attention dans plusieurs pays européens dont étaient originaires de nombreuses victimes.

Une plaque en mémoire des victimes de l\'attentat de la station balnéaire de Sousse, en Tunisie, qui avait fait 30 morts le 26 juin 2015.
Une plaque en mémoire des victimes de l'attentat de la station balnéaire de Sousse, en Tunisie, qui avait fait 30 morts le 26 juin 2015. (ZOHRA BENSEMRA / REUTERS)

Après une dizaine d'audiences réparties sur un an et demi, la justice tunisienne a condamné, samedi 9 février, sept accusés à la prison à vie dans les procès des attentats du Bardo et de Sousse en 2015. D'autres accusés ont été condamnés à des peines allant de six mois à seize ans de prison, 27 accusés ont bénéficié d'un acquittement et aucune condamnation à mort n'a été prononcée, a précisé le porte-parole du parquet, qui a décidé de faire appel.

L'attaque contre le musée du Bardo, le premier en Tunisie à être revendiqué par le groupe terroriste Etat islamique (EI), avait fait 22 morts le 18 mars 2015 : un agent de sécurité tunisien et 21 touristes, parmi lesquels quatre Français, quatre Italiens, trois Japonaises et deux Espagnols. Les deux assaillants avaient également blessé 43 personnes, avant d'être abattus par les forces de sécurité. 

Audience retransmise en direct à Paris

Dans l'attentat de Sousse, 30 Britanniques avaient été tués. Le 26 juin 2015, Seifeddine Rezgui, un étudiant, avait abattu des touristes sur la plage avant de pénétrer dans un hôtel où il a continué à faire feu à coups de grenade et de kalachnikov. Il avait fini par être abattu.

Les deux procès ont été suivis avec une grande attention dans plusieurs pays européens dont étaient originaires de nombreuses victimes. L'audience de vendredi, la dernière en première instance, a été retransmise en direct dans une salle d'audience à Paris et en Belgique. Les trois précédentes avaient été diffusées en direct à Paris en présence de parties civiles françaises.

Les dépositions des accusés, lues lors des audiences, ont mis en évidence d'importants liens entre les deux attentats, tous deux revendiqués par l'EI. Certains accusés désignent un même homme, Chamseddine Sandi, comme le cerveau des attentats. Poursuivi, selon des avocats, dans les deux affaires comme d'autres accusés, ce suspect aurait été abattu en 2016 dans un raid américain en Libye, selon des médias tunisiens.