Crimes contre l'humanité au Tchad et au Soudan : trois personnes, dont le chef rebelle tchadien, arrêtées en France

Ces arrestations ont eu lieu dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Paris en 2017, sur des soupçons de crimes contre l'humanité commis au Tchad et au Soudan entre 2005 et 2010. 

Le chef rebelle tchadien, le général Mahamat Nouri, lors d\'une réunion entre les forces armées de l\'opposition et le gouvernement tchadien pour une réconciliation nationale, le 21 juin 2007 à Tripoli (Libye). 
Le chef rebelle tchadien, le général Mahamat Nouri, lors d'une réunion entre les forces armées de l'opposition et le gouvernement tchadien pour une réconciliation nationale, le 21 juin 2007 à Tripoli (Libye).  (MAXPPP)

Le chef rebelle tchadien, le général Mahamat Nouri, et deux autres suspects ont été interpellés en France lundi 17 juin, dans une enquête ouverte depuis 2017 sur des soupçons de crimes contre l'humanité commis au Tchad et au Soudan entre 2005 et 2010. Ils ont été arrêtés dans le Val-de-Marne, en Mayenne et en Indre-et-Loire puis placés en garde à vue par les enquêteurs de l'office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), a indiqué le parquet de Paris.

Le général Mahamat Nouri a arrêté lundi matin à son domicile, dans le cadre de cette enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris le 10 mai 2017, des chefs de crimes contre l'humanité, complicité de ces crimes, et association de malfaiteurs en vue de la commission de ces crimes.

Une offensive sur N'Djamena en 2008

Le général Nouri, considéré comme l'un des plus influents chefs rebelles tchadiens opposé au régime d'Idriss Déby Itno, est le président fondateur de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). Il avait pris la tête d'autres rébellions au sein de l'Alliance nationale (AN), qui avait mené en février 2008 une offensive sur N'Djamena et avait été tout près de renverser le régime du président Déby, retranché dans son palais. Ils avaient été finalement repoussés par les militaires tchadiens après de violents combats.

Paris avait à l'époque apporté un soutien décisif à l'armée, tout en démentant toute participation directe aux combats. Des divergences au sein des rebelles ont été une des causes de l'échec de l'offensive, la plus importante contre le régime du président Déby depuis 1990.

L'est du Tchad et la région voisine soudanaise du Darfour nord étaient à l'époque des faits le théâtre de violences intercommunautaires et attaques de milices.