Soudan : les réserves d'or, l'un des enjeux de la guerre entre généraux qui déchire le pays

Plus de 200 personnes ont été tuées et des milliers d'autres tentent de fuir le pays, après cinq jours de combat. Parmi tous les facteurs qui contribuent aux tensions internes, il y a un élément-clé : l'une des plus grandes réserves d'or d'Afrique.
Article rédigé par Christian Chesnot
Radio France
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Temps de lecture : 1 min
Les résidus d'une mine d'or empilés dans le village de Banat, au nord de Kharthoum (Soudan), le 6 juin 2022. (ASHRAF SHAZLY / AFP)

Dans les conflits, l'argent est le nerf de la guerre. Au Soudan, c'est l'or qui finance l'armée du général Abdel Farrah al-Burhane et les forces de son rival, le général Mohamed Hamdane Daglo, dit "Hemedti". Le précieux métal est la première source de devises du pays qui bénéficie aux deux camps, explique Antoine Galindo, du site d'information Afrique Intelligence : "L'or au Soudan, c'est quelque chose de très opaque, ça attire énormément de convoitises. Il y a plusieurs acteurs, et pas seulement Hemedti, qui sont impliqués. Pour ce qui est du complexe militaro-industriel, ça se fait avec la bienveillance de l'armée".

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En 2022, le Soudan a réalisé des exportations de près de 2,5 milliards de dollars, correspondant à la vente d'environ 42 tonnes d'or. Le pays possède l'une des plus grandes réserves d'or du continent africain. Un trésor qui suscite les convoitises des deux généraux qui s’affrontent pour le pouvoir à Khartoum. Les affrontements entre les deux camps ont fait près de 300 morts depuis samedi 15 avril et poussé des milliers de civils sur la route de l'exil.

De "l'orpaillage artisanal" sans aucun contrôle

Les gisements se trouvent dans le nord-est et le centre du pays, mais aussi dans la région du Darfour. Ici, les mines ne sont pas exploitées par des grandes compagnies internationales, ajoute Antoine Galindo : "Au Soudan, le business de l'or, l'extraction de l'or, c'est surtout de l'orpaillage artisanal, ce qui rend le contrôle de l'activité assez compliqué. A priori, beaucoup de l'or extrait au Soudan quitte le territoire sans passer par aucune forme de taxation ni de filtres gouvernementaux".

Pour sortir du pays, l'or emprunte des chemins aussi discrets que variés via l'aéroport de Khartoum, Port-Soudan, sur la mer Rouge, ou via la frontière terrestre avec la Centrafrique. Le métal précieux se retrouve ensuite à Dubaï, plaque tournante mondiale du commerce de l'or, mais aussi à Moscou, dans les caisses du Kremlin et celle de la milice Wagner présente au Soudan. 

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