Donald Trump va retirer le Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme

"Le nouveau gouvernement du Soudan (...) a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles", a déclaré lundi le président des Etats-Unis pour expliquer sa décision. 

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Le président américain, Donald Trump, le 19 octobre 2020, à la Maison Blanche (Etats-Unis).  (SAMUEL CORUM / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

C'est pour lui "une excellente nouvelle". Le président américain, Donald Trump, a ouvert la voie au retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, lundi 19 octobre. Un tournant aussitôt salué par Khartoum, qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis 1993. 

"Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois versés, je retirerai le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme", a tweeté le président des Etats-Unis, sans préciser de calendrier.

"Merci beaucoup président Trump !", a aussitôt répondu sur Twitter le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok. "Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt", a déclaré celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute de l'autocrate Omar el-Béchir, en 2019.

L'Union européenne s'est également réjouie d'une décision "capitale" qui "renforce l'intégration" du Soudan "dans la communauté internationale et son accès à l'économie mondiale".

Des indemnités pour les proches de victimes d'attentats

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait déjà évoqué en septembre un projet d'accord, prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises pour les familles des victimes des attentats de 1998 contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie. Ces attaques, perpétrées par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda, avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine. D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait déclaré que cela interviendrait "très probablement" avant fin octobre.

"Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord", a dit Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi (Kenya). "Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus", a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves. 

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre. L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire.

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