La pêche, une industrie florissante en Somalie

L’industrie de la pêche avait pratiquement disparu de Somalie suite aux nombreux conflits des deux dernières décennies. Aujourd’hui, cette activité a repris et l’Etat voudrait l’utiliser pour relancer son économie. Mais pour cela, il lui faut d’abord résoudre de nombreux problèmes : infrastructures insuffisantes, pêche illégale, piraterie…

Quinze photos prises entre 2008 et 2014 dans les villes portuaires de Bosasso et Marka et le quartier d’Hamar Weyne de Mogadiscio illustrent ce propos.
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La Somalie a toujours été un pays de nomades et d’éleveurs. A partir des années 1970, le commerce du poisson devient une part non négligeable de l'économie du pays. Des structures plus modernes sont développées grâce à l'Union soviétique, alors alliée du pays. La pêche est un vecteur d'emplois et une source de revenus importante pour nombre de Somaliens. Mais le début de la guerre civile en 1991 va, au fil des vingt-deux années de conflits, anéantir pratiquement cette industrie. AFP/SIMON MAINA
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  Pour les pêcheurs, le coup de grâce est donné en 2006 quand la capitale Mogadiscio où se trouvent les principaux marchés de poissons, tombe aux mains des Shebab (islamistes radicaux) qui prennent le pouvoir dans le pays.  Ces derniers qui contrôlent l’économie, instaurent des taxes pour avoir le droit de pratiquer la pêche.   REUTERS/SIEGFRIED MODOLA
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L'effondrement de l'Etat et la dissolution de sa marine ont amené plusieurs compagnies maritimes étrangères à profiter de cette situation pour pratiquer une pêche illégale. Des chalutiers européens et japonais envahissent les eaux non protégés du pays pour piller ses ressources halieutiques. REUTERS/FEISAL OMAR
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Cette situation politique et économique amène beaucoup de pêcheurs (entre 60 et 80% selon les sources) totalement ruinés à se reconvertir en pirates. Une piraterie qui se développe alors au fil des décennies dans les eaux bordant la corne de l’Afrique. AFP PHOTO/ MOHAMED DAHIR
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En août 2011, les islamistes sont chassés définitivement de la capitale et des principales villes du pays par les forces gouvernementales. Peu à peu le marché aux poissons d’Hamar Wayne de Mogadiscio reprend alors ses activités, retrouvant une nouvelle prospérité.   REUTERS/FEISAL OMAR
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Chaque jour, les pêcheurs peuvent reprendre la mer malgré leurs vétustes embarcations qu’ils se transmettent de père en fils. Les commerçants et les clients reviennent également. Si la pêche est fructueuse, le poisson, comme l’espadon, peut se vendre jusqu’à environ 8 euros le kilo. REUTERS/FEISAL OMAR
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Fruits de mer, poissons rares, tortues marines ou encore poulpes font le bonheur des nouveaux restaurants de la capitale. On ne dénombre pas moins de 400 espèces de poissons dans les eaux somaliennes. Le gouvernement souhaite que cette ressource inestimable relance l’économie du pays et attire les investisseurs étrangers. REUTERS/ISMAIL TAXTA
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Pour cela il faut dans un premier temps régler le problème de la surveillance des eaux territoriales où sévissent toujours pirates et pêcheurs illégaux. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 800 navires étrangers pêchent pour une valeur marchande de 300 à 450 millions de dollars par an. Dans leurs filets principalement du thon, des crevettes et des langoustes. Ces bateaux prélèvent en une nuit ce que les locaux attrapent en une année. AFP PHOTO / AU-UN IST PHOTO / STUART PRICE
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Longue de 3300 km, la Somalie possède l'une des façades maritimes d'Afrique les plus étendues. Mais sans marine militaire et avec un budget global annuel de 100 millions de dollars, il est très difficile pour le gouvernement de faire respecter ses droits côtiers. REUTERS/FEISAL OMAR
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En 2013,  la Somalie a conclu un contrat avec une entreprise privée, la compagnie Atlantic Marine and Offshore Group en vue de la mise en place d'un corps de garde-côtes qui doivent assurer la mise en place d’un état de droit dans les eaux somaliennes. REUTERS/FEISAL OMAR
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D’autre part, pour protéger les pêcheurs des attaques de pirates et pérenniser l’industrie, le pays doit sécuriser ses eaux territoriales. Sur le plan humain, le coût de la piraterie est considérable. Des milliers de membres d’équipages ont été capturés, détenus comme otages ou même tués. Les Nations Unies consacrent 40 millions de dollars (près de 30 millions d’euros) par an pour lutter contre la piraterie. REUTERS/HO/IFRC/LYDIA MIREMBE
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Hassan Sheikh Mohamoud, le président élu en septembre 2012, voudrait développer l’industrie de la pêche. Mais le pays n'est pas encore prêt à participer à des projets internationaux dont la logistique et les infrastructures seraient trop onéreuses. La compagnie nationale somalienne des pêches doit résoudre les problèmes de stockage et de transport pour envisager dans le futur une exportation à grande échelle. REUTERS/ABDIQANI HASSAN
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Cette compagnie a décidé d’exporter dans un premier temps ses produits principalement vers Dubaï et la Turquie.  Les Pays-Bas pourraient être leur prochain client. Les120.000 tonnes de fruits de mer pêchées chaque année pourraient générer pour le pays un profit de plus de 700 millions d’euros. En 2013, l'Union européenne a consacré près de 5 millions d’euros pour aider la Somalie à poursuivre son objectif. AFP PHOTO / AU-UN IST PHOTO / STUART PRICE
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Pour simplifier l’exportation des produits à l’étranger, l’industrie de la pêche pourrait adopter la mise en conserve. Une façon de résoudre les problèmes de chaîne du froid, de conservation et de transport. AFP PHOTO / AU-UN IST PHOTO / STUART PRICE
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D'autre part, pour combattre la faim à l’intérieur des terres, le programme alimentaire mondial et la FAO ont lancé une grande campagne pour inciter tous les Somaliens à consommer plus de poissons. Un aliment qui ne fait partie des habitudes alimentaires traditionnelles.   REUTERS/FEISAL OMAR