Percée médicale contre le paludisme : un candidat vaccin testé au Burkina Faso s'est révélé efficace à 77%

Cela fait soixante ans que la recherche d'un vaccin contre cette maladie transmise par les moustiques est en échec.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Laboratoire d'entomologie du Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP) de Ouagadougou, au Burkina Faso, le 22 août 2019. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

L'espoir renaît dans la lutte contre le paludisme. Un vaccin mis au point par des chercheurs de l'université d'Oxford et du Burkina Faso s'est révélé efficace à 77% lors d'essais de phase 2. La maladie parasitaire transmise par des moustiques infectés tue plus de 400 000 personnes par an, principalement des enfants, en Afrique subsaharienne.

Vaccin R21/Matrix-M

L'étude, publiée le 20 avril 2021 dans la revue médicale The Lancet et reprise par l'OMS, a porté sur 450 enfants du Burkina Faso. Le vaccin R21/Matrix-M va maintenant faire l'objet d'essais à plus grande échelle.

C'est l’équipe de l'université d'Oxford, conceptrice du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, qui est à l’origine de cette avancée majeure. Si de nombreux vaccins contre le paludisme ont été testés au fil des ans, aucun n’avait encore atteint l’objectif d’efficacité de 75% fixé par l’Organisation mondiale de la santé.

"Ce que nous espérons faire, c’est ramener ces 400 000 morts par an à quelques dizaines de milliers au cours des cinq prochaines années, ce qui serait absolument fantastique"

Adrian Hill, directeur de l'Institut Jenner, professeur de génétique humaine à l'université d'Oxford

à l'AFP

Soixante ans de recherches et autant d'échecs

En 2019, selon l’OMS, quelque 229 millions de cas de paludisme étaient recensés dans le monde. Trouver un vaccin efficace contre le paludisme est considéré comme l'un des Graals de la recherche médicale. Une recherche qui a commencé il y a plus de soixante ans et sur laquelle de nombreuses équipes scientifiques se sont cassé les dents.

Un autre vaccin, développé par le géant britannique GSK, a été administré à quelque 650 000 enfants depuis 2019 au Malawi, Ghana et Kenya, dans le cadre d'un programme pilote lancé par l'OMS. Mais celui-ci se montre peu efficace, permettant de prévenir seulement trois cas sur dix de paludisme grave menaçant le pronostic vital.

Les moustiquaires imprégnées d’insecticide et les médicaments antipaludéens ont permis de réduire d’un million le nombre de morts. "Ce vaccin pourrait pourquoi pas, à terme, éradiquer le paludisme qui reste l’une des principales causes de mortalité infantile dans le monde", avance Adrian Hill de l’université d’Oxford

Un vaccin possible en 2023

Les essais vont désormais entrer dans la phase 3 et concerner 4 800 enfants, dans plusieurs pays africains. D’ores et déjà, l’université d’Oxford et le Serum Institute of India ont conclu un partenariat pour la production de 200 millions de doses, à trois dollars chacune, selon le journal anglais The Independent. Et l’équipe de chercheurs a bon espoir d’accélérer les procédures de validation du vaccin, de façon à le rendre disponible dès 2023, s’il confirme son efficacité.

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