Les conflits armés, principales causes de la malnutrition en Afrique

La faim progresse de nouveau depuis 2015 après une régression constante durant plus de dix ans, affirme le dernier rapport de la FAO sur la sécurité alimentaire. Un quart des 815 millions de personnes mal nourries dans le monde vivent en Afrique. Principales causes évoquées dans ce rapport publié le 16 novembre 2017: les conflits armés et l'impact du changement climatique.

Camp de déplacés près de Juba au Soudan du Sud, géré par la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (11 juillet 2016). 
Camp de déplacés près de Juba au Soudan du Sud, géré par la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (11 juillet 2016).  (Reuteurs /handout)

Selon le dernier rapport de FAO, Vue d'ensemble régionale de la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique en 2017 publié jeudi 16 novembre, «le nombre de personnes souffrant de la sous-alimentation est repartie à la hausse, notamment sur le continent africain». Les mauvaises conditions climatiques et surtout les conflits sont des «facteurs clés qui expliquent l'augmentation récente de l'insécurité alimentaire dans la région».

La majorité des 815 millions de personnes souffrant de sous-alimentation à travers le monde en 2016, soit 489 millions, vivent dans des pays en proie aux conflits, aux actes de violence, ou a de graves crises politiques.

Fragile Sahel
Pourtant, l'Afrique subsaharienne a réalisé des progrès remarquables dans la lutte contre la faim, avec une chute du taux de sous-alimentation qui est passé de 29% à 20,6% en une décennie (2004-2014). Ces progrès ont cependant été suivis par une détérioration dans plusieurs pays en 2015 et 2016. Une situation qui s'explique en grande partie par l'impact des nombreux conflits armés (Soudan du Sud, Somalie, Nigeria…). Des conditions climatiques défavorables – sécheresses à répétition – ont également eu pour effet de réduire les récoltes et de causer une perte considérable de bétail.

Faim et guerre s'entretiennent 
En Afrique subsaharienne en 2016, la majorité de la population souffrant de sous-alimentation vivait dans des pays touchés par les conflits. La prévalence des cas de sous-alimentation est deux fois plus élevée dans ces pays affectés par une crise politique prolongée (Madagascar, Zimbabwe, Gambie...).

Bien que la fréquence des guerres ait diminué ces dernières décennies, le nombre de conflits violents (et de décès liés aux conflits) a récemment connu une forte hausse. Plus d'un tiers des conflits ultraviolents à travers le monde ont lieu en Afrique subsaharienne: parmi les 19 pays affectés par des conflits et des crises de longue durée, 13 y sont situés.

Apparent paradoxe, on apprend dans ce même rapport que les taux de surpoids et d'obésité sont en hausse tout particulièrement en Afrique australe. Signe que l'Afrique est à son tour touchée par un changement trop rapide des régimes alimentaires.