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Femi Kuti: «L’Afrique peut et doit devenir un modèle pour le monde»

Le musicien nigérian Femi Kuti a fait l’ouverture du 32e Festival d’été de Québec, dédié à la musique africaine. A cette occasion, et lors d’une rencontre avec l’AFP, l’artiste a parlé de son nouvel album, de son optimisme général et de la récente visite du président français Emmanuel Macron à Lagos.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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L'artiste nigérian Femi Kuti sur scène à Québec lors du Festival d’été dédié à l musique africaine le 13 juillet 2018.

	  (Alice Chiche / AFP)

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Femi Kuti est le maître de l’afrobeat. Né à Londres en juin 1962, il a grandi à Lagos, au Nigeria, baigné par la musique de son père Fela Kuti, le fondateur de l’afrobeat.

«J’ai toujours rêvé de composer cette musique que mon père tenait de son père qui la tenait aussi de son père qui a créé l'hymne national au Nigeria; puis, il a créé l'afrobeat», affirme-t-il dans une interview à France Culture.
 
La beauté de l’Afrique
La carrière musicale de Femi Kuti est d’abord tracée par son père. A 15 ans, il rejoint le groupe Egypt 80 avant de s’approprier l’afrobeat en créant son propre groupe Positive Force. Un optimisme qu’il revendique pleinement aujourd’hui avec le titre phare de son dernier album Africa Will Be Great Again. Rien à voir avec le slogan de Trump, puisqu’il affirme avoir écrit le texte bien avant les élections américaines, comme il le précise à l’AFP.

Le représentant de l’afrobeat dit vouloir «montrer la beauté de l’Afrique» dans sa musique. «Je crois profondément que l’Afrique peut et doit devenir un modèle pour le monde.»

La corruption et les despotes
Amoureux de l’Afrique, Femi Kuti souffre des maux qui ravagent le continent et son pays, le Nigeria. Dans ses chansons, il s’attaque avec virulence à la corruption et aux «despotes» des régimes militaires, comme dans son titre Corruption Na stealing. Là aussi, un héritage de son père Fela qui s’est engagé tout au long de sa vie pour des causes politiques et sociales et surtout «pour un Nigeria libre et juste».
 
Le geste «politique» de Macron 
Dans l'interview qu'il a donnée à l’AFP, Femi Kuti revient sur la récente visite du président français au Shrine, la salle de concert ouverte par son père à Lagos en 1970. «C’est un geste politique très important (…). La venue du président neutralise les éternels critiques» du pouvoir de ce lieu culturel.

L’artiste nigérian dit cependant «avoir été la cible de critiques pour avoir accueilli le président français en raison de l’histoire coloniale de la France». Pour lui, Emmanuel Macron, ne peut être tenu responsable du colonialisme. «Si on rappelle les crimes que la France a commis en Afrique, comment peut-on amener les Français à les évoquer si on ne parle pas avec eux», précise-t-il à l’AFP. 

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