Covid-19 : "Pas de vaccin, pas de sexe" ou l’appel d’une poétesse sud-africaine et ses effets secondaires

Lebogang Mashile a conseillé aux femmes de refuser toute relation intime aux hommes qui refusent de se faire vacciner.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Une femme sud-africaine (à gauche) est assise dans sa voiture alors qu'elle reçoit sa première dose de vaccin Pfizer Covid-19 sur un site de vaccination, à Centurion, près de Pretoria, le 13 août 2021. (LUCA SOLA / AFP)

L'Afrique du Sud, qui a du mal à obtenir des vaccins contre le Covid-19, se trouve désormais confrontée à un autre problème. Une partie de sa population refuse de se faire vacciner et se sont principalement des hommes. Pour inverser la tendance, la poétesse et actrice sud-africaine Lebogang Mashile a appelé les Sud-Africaines à une "grève du sexe". Une idée vieille comme le monde.

"Pumpum"  sous conditions

Tout commence par un post sur Twitter. La poétesse, actrice et féministe sud-africaine Lebogang Mashile ne comprend pas la réticence des hommes aux vaccins dans un pays qui a connu les ravages du sida. Elle rappelle d'abord que les statistiques sur le virus HIV se sont longtemps basées sur le dépistage des femmes, puis elle écrit : "Pour notre bien, les femmes doivent conditionner le 'pumpum' [sexe] à la vaccination". A son tour, Pabi Moloi, très célèbre animatrice sud-africaine, lance le mot dièse #NoVaxNoSex (pas de vaccin, pas de sexe).

(Pendant des années, les statistiques sur le virus HIV en Afrique du Sud concernant  les hommes ont été largement basées sur le dépistage des femmes, en particulier les femmes enceintes. Les hommes avec des femmes sont en meilleure santé et vivent plus longtemps. Pour notre propre bien, les femmes doivent conditionner le sexe à la vaccination et à un comportement adapté aux mesures anti-Covid).

D'un débat à un autre

Cet appel fait immédiatement réagir. Des femmes s'en prennent à la poétesse féministe et lui reprochent d'utiliser le corps de la femme comme outil de communication. D'autres s'en amusent. Certains hommes s'en moquent ou au contraire trouvent que c'est une bonne idée. Et, comme souvent sur Twitter où le débat est limité, c'est la polémique qui prend le dessus avec le lot habituel des donneurs de leçons. Oubliés le temps d'un instant le virus et le vaccin. C'est "la grève du sexe" et le politiquement correct qui intéressent.

(Dire que les femmes doivent priver les hommes non vaccinés de sexe, ça ne le fait pas. Pourquoi la charge des hommes de se comporter en êtres humains responsables incomberait-elle aux femmes ? Pourquoi le corps des femmes doit-il être l'outil ? Les corps des femmes ne sont pas des outils de communication comportementale. #NoVaxNoSex n'est pas la réponse).

Un moyen de pression ancien

La grève du sexe comme moyen de pression n'a rien de nouveau. La méthode, qui remonte à l'Antiquité, a déjà été utilisée plusieurs fois dans le monde et notamment en Afrique, comme l'explique RFI. 

Au Liberia, par exemple, en 2003, où des femmes ont appelé au boycott du sexe pour se faire entendre dans le processus de paix. Le Kenya, le Togo et le Soudan ont eux aussi eu recours au corps comme moyen de pression politique.

L'Ouganda l'a fait aussi avec un appel lancé par un homme. En 2010, l'opposant politique Stanley Kalembaye avait demandé à ses partisans de ne pas "remplir leur devoir conjugal" si leurs femmes votaient pour le parti au pouvoir. Vu les résultats, cet appel n'a pas été entendu.

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