Coronavirus : le Parlement nigérian se met en congé pendant deux semaines pour sa "sécurité"

Députés et sénateurs du Nigeria ont approuvé à l'unanimité un congé de deux semaines pour eux-mêmes, afin de garantir leur "sécurité" face au coronavirus dont un cas a été déclaré la semaine dernière à Lagos. 

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Des sénateurs nigérians assistent à l'ouverture de la 9e session de l'Assemblée nationale à Abuja, le 11 juin 2019. (KOLA SULAIMON / AFP)

A partir du 5 mars 2020, députés et sénateurs nigérians se mettront au vert pendant 15 jours afin, disent-ils, de se protéger pour mieux résister au Covid-19. "En tant que représentants du peuple, nous pensons que nous ne pouvons pas discuter des lois alors que nous ne sommes pas certains de la sécurité" face au coronavirus, a déclaré Unyime Idem, rapporteur de la proposition, issu de l'Etat d'Akwa Ibom. 

"Nos congés commenceront jeudi (5 mars 2020)", a-t-il expliqué à l'AFP. "Cette motion a été adoptée à l'unanimité, et nous quitterons tous les lieux pour deux semaines". Le député a demandé également la mise en place d'un comité parlementaire, comprenant les élus des deux Chambres pour "évaluer avec le gouvernement ce qui a été fait jusqu'à présent et ce qui est fait pour aider à contrôler l'épidémie".  Pour l'instant, seul un cas de coronavirus a été recensé dans le pays le 28 février, à Lagos, capitale économique de 20 millions d'habitants, à quelque 700 km de la capitale fédérale d'Abuja.

Le Nigeria considéré comme très vulnérable face au coronavirus

Le malade, un ressortissant italien, était arrivé dans la mégapole en provenance de Milan le 25 février et s'était rendu dans une usine de ciment de l'Etat voisin d'Ogun (sud-ouest). Il est toujours soigné dans un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies infectieuses, dans un état plutôt rassurant, selon les autorités. 58 personnes ayant eu des contacts avec lui ont été placées en quarantaine. Le Nigeria est considéré comme un pays très vulnérable face à la propagation virale en raison de son système de santé faible et de sa forte densité de population (près de 200 millions d'habitants).

Dans cette atmosphère de crainte d'une épidémie, le porte-parole du gouvernement a causé une forte polémique en dénonçant le traitement médiatique de l'infection : "Tous les journaux font leur une avec le coronavirus, mais quand vont-ils parler du paludisme qui tue 822 personnes chaque jour au Nigeria ?", a écrit Garba Shehu, sur son compte Twitter.

A la fin de la journée du 3 mars 2020, l'Afrique sub-saharienne comptait, outre le cas confirmé au Nigeria, deux cas au Sénégal. Dans le nord du continent étaient enregistrés trois cas en Algérie, deux en Egypte, un au Maroc et un en Tunisie.

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