L'ONG Human Rights Watch dénonce une "répression croissante" en République démocratique du Congo

La restriction des libertés a été observée depuis le début de l'année.

Des policiers font face à des manifestants qui s\'opposaient à la nomination contestée d\'un nouveau président à la tête de la Commission électorale en RDC (Ceni), le 9 juillet 2020.
Des policiers font face à des manifestants qui s'opposaient à la nomination contestée d'un nouveau président à la tête de la Commission électorale en RDC (Ceni), le 9 juillet 2020. (ARSENE MPIANA / AFP)

Dans un rapport publié le 22 juillet 2020, l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) accuse les autorités congolaises d'avoir restreint les droits humains en République démocratique du Congo. L'ONG cite de nombreux cas de menaces et de harcèlement dans plusieurs régions du pays.

De nombreux abus

L'étude de l'ONG met en avant un net recul des libertés depuis le début 2020. Des dizaines de personnes ayant critiqué les politiques du gouvernement, y compris sur les réseaux sociaux, ont fait l'objet d'intimidations, d’arrestations et parfois même de poursuites judiciaires, selon Human Rights Watch, qui interpelle directement le président Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis janvier 2019. L'ancien opposant avait promis de faire de l'instauration de l'Etat de droit une de ses priorités.

Les avancées en matière de droits humains observées pendant la première année du mandat du président Tshisekedi semblent rapidement se dissiperThomas Fessy, chercheur principal pour la RDC chez Human Rights Watch

Une "grâce présidentielle"

En réponse à HRW, qui cite des cas précis, le ministre des Droits humains du Congo, André Lite, a condamné les abus et promis "une grâce présidentielle" pour les victimes de "jugements iniques". L'organisation demande explicitement l'abandon de toutes les poursuites sans fondement à l'encontre des journalistes et des détracteurs pacifiques. Elle souligne aussi la nécessité de l'adoption de mesures concrètes pour protéger les journalistes et respecter la promesse du président Tshisekedi.

Fin mai, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme avait également exprimé son inquiétude quant à la hausse des arrestations et détentions arbitraires dans le pays, en soulignant que l'urgence sanitaire ne pouvait pas servir de prétexte à la restriction des libertés.

L'ancien opposant Félix Tshisekedi dirige le pays dans le cadre d'une coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila. Sa marge de manœuvre est pour le moins très réduite.