Recours à l'armée en Afrique du Sud
Les militaires ne sont pas censés remplacer les forces de l'ordre, plutôt les épauler. Un choix inévitable, si l'on en croit les porte-paroles de la présidence, après la vague importante de violences qui ont frappé Johannesburg et ses alentours, depuis plusieurs jours. Des violences à caractère xénophobe, certains locaux reprochant notamment à des immigrés d'autres pays africains de leur "voler des emplois", entre autres griefs.
Dans un bref communiqué, la présidence a annoncé que Thabo Mbeki avait "approuvé une requête des services de la police sud-africaine pour l'implication de la Force de défense d'Afrique du Sud (SADF) afin de faire cesser les attaques en cours contre les étrangers dans la province du Gauteng", où se trouvent Johannesburg et Pretoria.
Le bilan, d'une dizaine de morts au départ, a rapidement grimpé hier à 42 victimes, auxquelles s'ajoutent environ 16.000 déplacés. Les attaques ont débute le 11 mai dans le bidonville d'Alexandra, mitoyen du quartier financier de Sandton, avant de s'étendre à
d'autres townships.
On a appris de nouvelles attaques à Durban, dans l'est du pays ou encore dans les townships de Leslie et Embalenhle, près de la ville industrielle de Secunda, dans le Mpumalanga.
Des violences qui rappellent le souvenir douloureux des affrontements de 1994, qui avaient accompagné la "transition démocratique".
_ "L'Afrique du Sud est le dernier pays qu'on aurait imaginé plonger dans la xénophobie", a déclaré le ministre kényan des Affaires étrangères, Moses Wetangula, rappelant que "pendant le chemin difficile vers l'indépendance, les Sud-Africains s'étaient expatriés sur tout le continent".
Matteu Maestracci avec agences
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