Quatre déclarations à retenir de la visite de Barack Obama au Kenya

Croissance, droits des homosexuels et lutte contre le terrorisme étaient au programme de ce premier voyage d'un président américain en exercice dans le pays.

Le président américain Barack Obama donne une conférence de presse commune avec le président kényan Uhuru Kenyatta, à Nairobi, le 25 juillet 2015.
Le président américain Barack Obama donne une conférence de presse commune avec le président kényan Uhuru Kenyatta, à Nairobi, le 25 juillet 2015. (SAUL LOEB / AFP)

Il n'a pas pu voir tous les membres de sa famille, mais a tenu parole. En visite au Kenya, pays de son père qu'il a très peu connu, Barack Obama a évoqué la lutte contre le terrorisme, comme c'était prévu, et a insisté sur les droits des homosexuels sur le continent africain, comme il s'y était engagé. Très attendu par les Kenyans qui n'avaient jamais reçu la visite d'un président américain en exercice, Barack Obama a également promis de revenir, quand il n'occupera plus la Maison Blanche.

1"L'Afrique est en marche"

"Je voulais être ici parce que l’Afrique est en marche, l’Afrique est l’une des régions du monde à la plus forte croissance", a lancé Barack Obama, au premier jour d’une visite inédite dans le pays de son père. "Les gens sortent de la pauvreté, les revenus sont en hausse, la classe moyenne croît et les jeunes gens comme vous exploitent les technologies pour changer la façon dont l’Afrique fait des affaires", a-t-il dit lors d'un discours acclamé par un public d'entrepreneurs.

2"Nous avons réduit les territoires que les shebab contrôlent"

Dans un pays encore traumatisé par l'attaque contre l'université de Garissa, en avril, Barack Obama a promis une coopération renforcée dans la lutte contre les islamistes somaliens shebab. "Nous avons de façon systématique réduit les territoires que les shebab contrôlent. Nous avons pu réduire leur emprise réelle en Somalie et avons affaibli ces réseaux opérant ici en Afrique de l'Est", a-t-il déclaré. "Cela ne veut pas dire que le problème est résolu", a-t-il cependant reconnu.

La lutte contre le "terrorisme" figurait en tête du programme de la visite officielle de Barack Obama, alors que le Kenya est en proie à de spectaculaires et très meurtrières attaques des shebab depuis que son armée a commencé, fin 2011, à les combattre dans le Sud somalien.

Les Etats-Unis mènent de régulières attaques de drones contre le groupe islamiste en Somalie, privée de réel Etat central depuis près de 25 ans, et ont tué en septembre 2014 celui qui était alors le chef des insurgés, Ahmed Abdi Godane. Les shebab sont affiliés à Al-Qaïda, qui avait perpétré un attentat contre l'ambassade américaine à Nairobi en août 1998, faisant 213 victimes auxquelles Barack Obama a rendu hommage samedi.

3"Egalité des droits" pour les homosexuels

Alors que l'homosexualité est encore illégale dans une grande majorité de pays d'Afrique, barack Obama a également tenu sa parole en réclamant l'"égalité des droits", comparant l'homophobie à la discrimination raciale. "J'ai été constant à travers toute l'Afrique là-dessus. Quand vous commencez à traiter les gens différemment, parce qu'ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s'érode", a-t-il déclaré.

"Quand un gouvernement prend l'habitude de traiter les gens différemment, ces habitudes peuvent s'étendre. En tant qu'afro-américain aux Etats-Unis, je suis douloureusement conscient de ce qu'il se passe quand les gens sont traités différemment devant la loi." 

Comme le président sénégalais Macky Sall à l'époque, Uhuru Kenyatta, dont le vice-président William Ruto a multiplié les sorties homophobes ces derniers temps, lui a répondu qu'il y avait des "choses que, nous devons l'admettre, nous ne partageons pas". "Il est très difficile pour nous d'imposer à la population ce qu'elle n'accepte pas elle-même. C'est pour cela que je dis que pour les Kényans aujourd'hui, la question des droits des gays est vraiment un non-sujet".

4"La prochaine fois que je reviendrai, je ne porterai peut-être pas de costume"

Le président américain Barack Obama a promis de revenir au Kenya, une fois qu'il aura quitté la Maison Blanche, et de s'investir personnellement dans le pays. "Ce que je peux garantir, c'est que je reviendrai." Mais "la prochaine fois que je reviendrai, je ne porterai peut-être pas de costume", a-t-il plaisanté.

"La première fois que je suis venu, j'étais en jean et sac à dos", a raconté Barack Obama. En 1987, il était parti au Kenya en quête de ses origines : Barack Obama est né à Hawaï d'une mère américaine et d'un père kényan qu'il a à peine connu.

Barack Obama, à Nairobi (Kenya), en 1987.
Barack Obama, à Nairobi (Kenya), en 1987. (ALEX COPPEL / NEWSPIX / REX / SIPA)

Au cours de ce déplacement, organisé sous très haute sécurité, Barack Obama n'a notamment pas pu placer une visite dans le village de sa famille kényane, Kogelo, dans l'ouest du pays. Sa famille n'a pas caché sa déception, et le président américain, qui a malgré tout dîné à Nairobi avec certains de ses membres, a dû "implorer le pardon" de proches qu'il n'avait auparavant jamais rencontrés.