Pour TexFad, tout est bon dans la banane d’Ouganda, même ses déchets

Les Ougandais sont de gros consommateurs de bananes. Mais leur culture génère beaucoup de détritus.

Pour ne pas perdre les déchets générés par la culture de la banane et en tirer profit, TexFad, une start-up locale ougandaise, recycle cette matière négligée en divers objets : paniers, tapis, cheveux…

Douze photos d’Abubaker Lubowa illustrent ce propos

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L'Ouganda est le premier producteur de bananes d'Afrique de l'Est. Plus de 75% des agriculteurs cultivent ce fruit. A la base de l'alimentation, elle permet de fabriquer aussi de la bière. Les Ougandais consomment onze millions de tonnes de ce fruit par an.        REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Mais le bananier, qui n'est pas un arbre mais une plante herbacée, produit beaucoup de déchets car ses tiges ne portent les fruits qu'une seule fois. Si après la récolte, les déchets servent généralement d’aliment pour le bétail ou de compost, la plupart sont abandonnés, se décomposent à même le sol ou sont brûlés. Pourtant, le bananier fournit de la fibre naturelle dont les propriétés sont comparables à celles du jute, du chanvre ou du lin. Alors pourquoi perdre ce matériau, quand on peut le réutiliser...     REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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C’est à partir de ce constat, que Muturi Kimani, un entrepreneur ougandais, a fondé en 2013 TexFad dans la capitale Kampala. Son entreprise récupère chez les producteurs locaux les déchets des troncs de bananiers pour les transformer en textiles durables, très résistants, et alimente ainsi l’économie circulaire.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Divisés en deux avec des machettes, les tiges de bananiers sont d’abord séchées au soleil puis introduites dans une machine d’extraction d’où sortent alors de longues et coriaces fibres.     REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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La transformation des déchets en fibres permet à l’entreprise de créer des tapis de sol, des tapis muraux, des sets de table, des dessous de verre, des paniers... Tous ces produits sont tissés à la main. Et pour développer ce savoir-faire, l’entreprise propose des formations professionnelles.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Grâce cette activité respectueuse de l’environnement et génératrice de revenus, Muturi Kimani a pu créer de nouveaux emplois. Plus de vingt employés travaillent à TexFad.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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A la Smart Climate Innovation Academy, une section de l’entreprise dirigée par Simon Tugumisiriza, on développe comme dans d’autres sociétés ougandaises, une activité différente. Ici, les fibres sont mises dans un bidon, réduites en cendres et refroidies. Puis à cette poudre est ajoutée de la farine de manioc diluée pour créer des blocs.      REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Les blocs placés ensuite dans une machine spéciale sont alors moulés en briquettes de combustible sous forme de petits cylindres. Cette technique a permis à l’Ouganda de connaître une avancée dans la lutte contre la déforestation et la pollution atmosphérique.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Les fibres permettent aussi de fabriquer pour les femmes des extensions de cheveux écologiques, 100% biodégradables. "Après les avoir utilisées, elles peuvent les enterrer dans le sol et fabriquer ainsi du compost pour les légumes" déclare Muturi Kimani à Reuters.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 34 000 euros en 2020, l’un de ses meilleurs bénéfices depuis son lancement. En 2021, elle souhaite fabriquer et vendre sur le marché national et international (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Canada) environ 2 400 tapis, soit le double de sa production en 2015.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Sur le long terme, TexFad ambitionne de devenir en Afrique un centre d’excellence en matière de création de textiles durables et de transformer la fibre de banane en un textile aussi souple que le coton.    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA
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Muturi Kimani voudrait développer son entreprise plus rapidement, mais le prix des machines d’extraction professionnelles qui peut s’élever à 8 000 euros reste un frein. Si actuellement le Covid n’arrange pas les affaires, l’entrepreneur ne s’empêche pas d’imaginer déjà d’autres projets. Et si la fibre de banane, la fibre du futur s’il en est, permettait dans le monde d’après de fabriquer les nouveaux billets de banque…    REUTERS / ABUBAKER LUBOWA