Nigeria : le président échappe à un attentat dans le nord-est du pays

Deux femmes sont soupçonnées d'être à l'origine de cette attaque kamikaze lundi.

Les kamikazes se sont fait exploser dans le parking du stade de Gombe (Nigeria), le 2 février 2015.
Les kamikazes se sont fait exploser dans le parking du stade de Gombe (Nigeria), le 2 février 2015. (AFOLABI SOTUNDE / REUTERS)

Il l'a échappé belle. Un attentat-suicide a secoué, lundi 2 février, le parking du stade de Gombe (Nigeria) quelques minutes après le départ du président nigérian Goodluck Jonathan. Candidat à sa propre succession, il tenait un meeting dans cette ville du nord-est du Nigeria, où Boko Haram se fait toujours plus menaçant à 12 jours de l'élection présidentielle.

L'attentat n'a pas été revendiqué pour l'instant, mais deux kamikazes sont soupçonnées d'en être à l'origine. "Nous avons évacué deux corps de femmes, nous pensons qu'il s'agit des responsables de l'explosion, a déclaré un employé des secours à l'AFP. L'une d'elles a été pulvérisée. (...) Dix-huit personnes ont été blessées dans cette explosion et elles sont traitées à l'hôpital." Un bilan qui concorde avec celui d'une source de l'hôpital spécial de l'Etat de Gombe et un responsable du gouvernement fédéral sur place.

La ville déjà ciblée dimanche

Gombe a déjà été ciblée dimanche par un double attentat à la bombe contre un poste de contrôle militaire, qui a fait au moins cinq morts. Les islamistes ont aussi lancé dimanche une importante offensive sur Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno, à quelques 300 km au nord-est de Gombe, dont le contrôle est un enjeu majeur de la crédibilité de l'élection présidentielle du 14 février.

L'attaque sur Maiduguri a pu être repoussée par l'armée nigériane et des milices d'autodéfense après de longues heures de combats. Mais pour les experts, le deuxième assaut en une semaine sur cette ville stratégique ne sera sans doute pas le dernier avant le vote. "Les insurgés dénoncent depuis longtemps les élections, perçues comme une pratique païenne incompatible avec l'Etat islamique" qu'ils disent avoir instauré dans les pans de territoire de la région, rappelle le chercheur Nnamdi Obasi, de l'International Crisis Group.