Cet article date de plus de deux ans.

Au Nigeria, plus de 12 millions d'enfants "ont peur d'aller à l'école", selon le président

Avec la dégradation de la sécurité dans le nord-ouest du pays, l'enlèvement massif d'élèves est devenu un fléau

Article rédigé par Eléonore Abou Ez
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un père est vu à côté de sa fille après sa libération avec 27 autres élèves enlevés quelques jours plus tôt dans un lycée au nord-ouest du Nigeria, le 25 juillet 2021. (AFP)

Le président Muhammadu Buhari a affirmé que les attaques persistantes contre les établissements scolaires ont traumatisé les enfants du Nigeria. Des millions d'entre eux, notamment les filles, sont marqués par les enlèvements de masse qui ont lieu dans le nord-ouest et le centre du pays.

Un constat mais pas de stratégie

La déclaration du président du Nigeria s'apparente à un constat d'échec. Lors d'une conférence internationale à Abuja sur la sécurité dans les écoles, le dirigeant du pays déplore "le traumatisme" des enfants et la peur de plus de 12 millions d'entre eux, de se rendre à l'école. L'ancien général au pouvoir depuis 2015 reconnaît qu'il est difficile de gérer ces défis sécuritaires et leurs conséquences, mais promet néanmoins de mettre fin aux attaques contre les écoles sans dire, ni quand, ni comment.

"Ce n'est plus une nouvelle que de dire que des bandits, des kidnappeurs et des terroristes envahissent nos établissements scolaires pour enlever les apprenants en grand nombre"

Muhammadu Buhari, Président du Nigéria

Enlèvements et rançons

Les établissements scolaires sont une cible dans le nord et le centre du Nigeria. Internats, collèges et lycées sont régulièrement attaqués par des hommes armés qui kidnappent élèves et étudiants de tous âges et demandent des rançons en échange de leur libération. Les enseignants ne sont pas épargnés par ce phénomène, comme le souligne le quotidien nigérian The Guardian.

Depuis décembre 2020, plus de 1400 jeunes ont été victimes de kidnapping de masse selon l'Unicef et des dizaines d'entre eux sont toujours aux mains des ravisseurs. Cette pratique a commencé en 2014 avec l'enlèvement de plus de 200 adolescentes à Chibok par le groupe islamiste Boko Haram, suscitant un émoi mondial avec la campagne #BringBackOurGirls (#RamenezNosFilles"). Depuis, les kidnappings de masse se multiplient en toute impunité.

Un million d'enfants privés d'école 

Les auteurs d'enlèvements ne sont pas tout à fait identifiés. Les autorités nigérianes parlent de "bandits". Des gangs criminels qui ont proliféré ces dernières années dans nord-ouest du pays dans un contexte d'insécurité grandissante, comme l'explique International Crises group (ICG) (lien en anglais). L'armée nigériane qui a lancé en septembre dernier une nouvelle offensive dans le nord-ouest du Nigeria semble incapable d'enrayer la criminalité et de mettre un terme aux enlèvements. Cette pratique devenue un fléau constitue une grave menace pour l'éducation, comme le souligne l'Unicef (lien en anglais).

Faute de protection, plusieurs écoles ou internats ont dû fermer leurs portes dans le Nord. Avec la nouvelle année scolaire qui a commencé à la mi-septembre, plus de 37 millions d'enfants devaient reprendre les cours dans le pays. Mais dans ce contexte,  beaucoup manquent à l'appel dans le nord et un million d'entre eux risquent fort d'être privés d'éducation.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.