Musiques sacrées à Fès ou rythmes Gnaoua à Essaouira, les festivals font leur retour au Maroc

Le royaume chérifien relance en juin sa saison des festivals, après deux années de coupure imposée par la crise du Covid-19.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Les musiciens sénégalais Doudou N'Diaye Rose et marocain Mahmoud Guinia lors du 19e festival Gnaoua d'Essaouira, le 15 mai 2016. (JALAL MORCHIDI / ANADOLU AGENCY)

Après deux années de Covid-19, le Maroc relance les grands festivals de musique qui ont fait la réputation du royaume sur la scène culturelle internationale.

Festival Gnaoua d'Essaouira

C'est le 3 juin 2022 à Essaouira que débute cette nouvelle saison musicale avec le 24e festival Gnaoua, un incontournable du calendrier des musiques du monde.

Musique spirituelle portée initialement par les esclaves ouest-africains au Maroc, la musique Gnaoua a été inscrite sur la liste du patrimoine immatériel de l'Unesco en 2019. Au fil du temps, le festival d'Essaouira a réussi à décloisonner la musique hypnotique Gnaoua en créant des ponts avec le jazz ou le blues, attirant ainsi un large public (jusqu'à 300 000 spectateurs en trois jours).

Au programme de ce festival, les traditionnels concerts de mâalems (maîtres Gnaoua), mais aussi de jeunes artistes s'appropriant cette tradition musicale. On retrouvera pour l'ouverture du festival le Malien Vieux Farka Touré (fils d'Ali Farka touré), qui partagera la scène avec le maâlem Abdeslam Alikane et Aziz Ouzouss, chantre de la culture berbère.

Les programmateurs du festival, annulé durant deux ans pour cause de pandémie, ont soigné leurs affiches avec le chanteur folk anglais Piers Faccini, le Cubain Cimafunk et la star du jazz israélien Avishai Cohen.

Pour la première fois, les organisateurs ont opté pour un "festival itinérant". Marrakech prendra le relais d'Essaouira le 9 juin avec deux grands maâlems Gnaoua, Abdelkebir Merchane et Mustapha Baqbou. Ils seront rejoints sur scène par le saxophoniste haïtien Jowee Omicil, le Sénégalais Cheikh Diallo et sa kora, le percussionniste burkinabè Yaya Ouattara, le guitariste sénégalais Hervé Samb et le batteur algérien Karim Ziad.

Musiques sacrées à Fès

Autre rencontre qui résonne au-delà des frontières marocaines, le festival des Musiques sacrées de Fès se tiendra du 9 au 12 juin. Fidèle à sa tradition culturelle et spirituelle, l'édition 2022 a pour thème L'Architecture et le Sacré. La soirée d’ouverture propose un voyage de Fès à Jérusalem en passant par le Tibet, le Taj Mahal en Inde, la cathédrale Notre-Dame de Paris pour finir avec la mosquée Hassan II de Casablanca.

Cette édition accueille des musiciens en provenance du Sultanat d’Oman, du Kazakhstan et de la musique soufie du nord de l'Inde, notamment. Les chants sacrés s'incarneront à travers les voix des Roohani Sisters (musique classique indienne), de la Kazakhe Saniye Ismail, interprète de la musique traditionnelle ouïghoure, et des polyphonies sardes.

Salué par l'ONU en 2001 comme un événement majeur ayant contribué au dialogue entre civilisations, le festival de Fès a accueilli par le passé Björk, Patti Smith ou Barbara Hendricks.

"Jazzablanca"

Casablanca, enfin, accueillera du 1er au 3 juillet 2022, le festival Jazzablanca avec un programme ouvert aux sonorités du monde mais incarné par des valeurs sûres comme Gilberto Gil, le père de l’éthio-jazz Mulatu Astatke, Ben Harper, Ibrahim Maalouf, Asaf Avidan, figure du folk-rock israélien, entre autres.

Ces trois festivals aujourd’hui bien installés avec leurs milliers d’aficionados participent au rayonnement international du Maroc qui espère relancer son secteur touristique en souffrance ces dernières années.

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