Maroc : un Français lance un appel à l'aide pour son fils emprisonné à Casablanca

Détenu depuis décembre 2021, Thomas Clausi est notamment poursuivi pour "escroquerie" et "paiement avec une monnaie étrangère sur le territoire marocain".

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Le Mosellan Thomas Clausi est détenu à Casablanca (Maroc) depuis le mois de décembre 2021. (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)

"C'est un drame", se lamente Joseph Clausi. Le père de Thomas, un jeune Mosellan de 20 ans, a réclamé vendredi 30 septembre la libération de ce dernier, incarcéré depuis une dizaine de mois au Maroc où il s'était installé et dont le projet de créer une néo-banque en Afrique a tourné au cauchemar. "Il est en détention à 20 ans, il devient fou", a expliqué à l'AFP le père de ce jeune entrepreneur originaire de Metz.

Son procès devant la justice marocaine a été reporté "seize fois ! Il repasse le 6 octobre, mais ça va encore être reporté", se lamente son père, qui redoute que son fils soit pris dans un "engrenage". "Il est détenu à Casablanca depuis le 23 décembre 2021" après avoir été arrêté "suite à une plainte d'une Française résidente au Maroc, qui lui a vendu une voiture de luxe contre un paiement en bitcoins (près de 400 000 euros)", a précisé à l'AFP l'avocat marocain du jeune homme, Me Mohamed Aghnaj.

Les douanes lui réclament 3,7 millions d'euros

Son client est poursuivi pour "escroquerie", "paiement avec une monnaie étrangère sur le territoire marocain" et dans une seconde affaire pour "destruction d'un document bancaire", "un chèque reçu contre une somme de bitcoins qu'il a vendus à une autre personne", détaille le conseil. Cette dernière charge pourrait lui valoir "la peine la plus lourde, entre 5 à 10 ans de prison", même si la poursuite n'a selon Me Aghnaj "aucun sens" : il a "simplement déchiré un chèque après avoir encaissé son montant suite à une transaction financière". Quant à l'usage des bitcoins, il risque de payer une amende, même si selon Me Aghnaj, "il n'y a pas de loi explicite" contre "l'usage des cryptomonnaies au Maroc".

Les douanes, pour lesquelles l'usage d'une cryptomonnaie relève du transfert illégal de fonds, lui réclament l'équivalent de 3,7 millions d'euros, explique Joseph Clausi, un ancien employé de banque au Luxembourg qui dit avoir dû partir travailler au Qatar "pour payer les frais" de justice de son fils.

Bac en poche, Thomas, qui a "la fibre du commerce", s'était installé au Maroc où il avait lancé un projet de néo-banque, Africa-Pay, explique Joseph Clausi. Les premiers temps en prison ont été très difficiles ("plus de 40 dans une cellule, une douche par semaine"), avant de s'améliorer, notamment grâce à l'intervention du Consul d'Italie, Thomas étant franco-italien, poursuit-il.

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