Maroc : nouvelle flambée de l'essence, sur fond de grogne sociale

Le Maroc fait face depuis déjà plusieurs mois à des hausses continues des prix, en particulier des hydrocarbures, conséquence notamment de la guerre en Ukraine.

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Des chauffeurs de taxi marocains en grève pour protester contre la montée en flèche des prix du carburant à Rabat, le 7 mars 2022. (- / AFP)

Les prix des carburants à la pompe ont atteint de nouveaux records au Maroc, suscitant la colère des syndicats et des appels au gouvernement pour protéger le pouvoir d'achat. L'essence sans-plomb frôle désormais les 18 dirhams (1,70 euro) le litre et le gazole près de 16 dirhams (1,50 euro), des niveaux jamais égalés, dans un contexte de hausse de l'inflation et de faible croissance. Dans une lettre diffusée mercredi 15 juin, la Confédération démocratique du travail (CDT), un des principaux syndicats, a exhorté le chef du gouvernement Aziz Akhannouch à "intervenir d'urgence pour protéger le pouvoir d'achat de la classe ouvrière et de la population en général, et se rendre compte de l'ampleur des souffrances qu'ils subissent".

Un appel à la grève

Trois autres syndicats de moindre représentativité ont appelé à une grève nationale lundi 20 juin dans la fonction publique, les collectivités locales et les transports pour protester contre la cherté de la vie. Le Maroc fait face depuis déjà plusieurs mois à des hausses continues des prix, en particulier des hydrocarbures, conséquence notamment de la guerre en Ukraine. De nombreuses voix s'élèvent à nouveau, y compris sur les réseaux sociaux, pour réclamer le plafonnement des marges "exorbitantes" des distributeurs de carburants.

Des subventions

Le Premier ministre, lui-même magnat du pétrole, est la cible de critiques en raison de sa double casquette de dirigeant politique et d'actionnaire principal d'Afriquia, leader sur le marché local des hydrocarbures (avec Total et Shell).  Le gouvernement s'est refusé jusqu'à présent à subventionner les carburants comme ce fut le cas avant 2015. Mais il a doublé le budget consacré aux subventions pour le gaz butane, la farine et le sucre à hauteur de 32 milliards de dirhams (2,8 milliards d'euros). Le gouvernement a également déboursé environ 1,4 milliard de dirhams (environ 130 millions d'euros) depuis avril pour aider les transporteurs routiers (soit 180 000 véhicules) à la suite d'un mouvement de grève. "Le gouvernement est en train d'étudier les marges possibles pour revoir à la hausse le montant de ces aides", a déclaré le porte-parole du gouvernement Mustapha Baitas.

Dans l'opposition, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) exige une baisse des taxes indirectes et une augmentation de l'impôt sur les sociétés.

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