Maroc : des cadres de Renault rapatriés quand 32 000 Marocains restent bloqués à l'étranger

Selon des médias marocains, malgré le confinement, des vols spéciaux rapatrient des cadres des usines Renault de Tanger et Casablanca. Stupeur sur les réseaux sociaux.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Une ligne d'assemblage dans l'usine Renault de Tanger le 12 mars 2018. (FADEL SENNA / AFP)

Il y a 32 000 citoyens marocains bloqués à l'étranger à cause du coronavirus. Or, pendant ce temps, discrètement, des cadres de Renault Maroc et de certains fournisseurs ont été autorisés à regagner le pays.

Selon le site le desk qui a sorti l'information, ces retours se font à bord de vols spéciaux privés. Yabiladi précise qu'un boeing 737 est prévu au départ de l'aéroport français Charles de Gaulle le 26 mai, et toujours selon le site, ces salariés voyagent sans leur famille. Les voyages sont à la charge du constructeur, le royaume chérifien ayant juste autorisé l'atterrissage dans le pays dont l'espace aérien est pour l'heure toujours fermé en raison de l'épidémie. Pour Media24, ils seraient 80 au départ de Paris, ce que ne confirment ni l'entreprise, ni le gouvernement marocain.

Renault Maroc ne connaît pas la crise

Depuis le 27 avril, les usines Renault de Tanger et Casablanca ont commencé à reprendre leurs activités en mode pré-déconfinement. Ce retour de certains cadres laisse entendre que les usines montent en puissance. Une nécessité pour Renault, mais aussi pour le Maroc devenu le pays africain leader dans la construction automobile. On évoque même la construction prochaine à Tanger d'un nouveau Kangoo, version low cost, vendu moins de 10 000 euros.

Stupeur sur les réseaux sociaux

L'information fait grand bruit au Maroc, sachant que 32 000 ressortissants marocains toujours bloqués à l'étranger vivent dans la plus grande précarité. Seulement 6 500 bénéficient d'une prise en charge des frais d'hébergement assurée par les consulats. En France, ils seraient 4 400 bloqués selon l'Association marocaine des droits humains. Des enfants en bas âge, des personnes âgées malades, des étudiants sans logement.

"Le Maroc nous a abandonnés. Tous les pays ont rapatrié leurs ressortissants et la seule réponse qu'on nous donne, c'est que des scénarios sont à l'étude", accuse Yassine. Ce cadre de 30 ans, rapporte l'AFP, "se trimballe avec sa valise de trois jours" à Paris depuis plus de neuf semaines.

La priorité de Rabat a été de limiter les retours afin d'éviter une propagation du virus. Le Premier ministre Saad-Eddine El Othmani a assuré récemment que les "scénarios" de rapatriement étaient "fin prêts" en espérant que "la bonne nouvelle serait prochainement annoncée". En fait, à partir du 11 juin commencera un déconfinement progressif. Renault a pris les devants.

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