LA PHOTO. Au Maroc, les petits producteurs de safran luttent contre la contrefaçon

Cette petite fleur mauve aux pistils rouges est un trésor qui suscite bien des convoitises : les producteurs de safran de la région de Taliouine, dans le sud du Maroc, tentent de protéger leur épice rare et précieuse face à la contrefaçon.

Au pied des cimes enneigées du mont Toubkal, les méthodes de culture n'ont guère changé depuis des siècles : à la saison de la cueillette, des travailleuses agricoles s'emploient dès l'aube à ramasser à la main les petites fleurs du crocus qu'elles posent minutieusement dans des paniers.

Une fois séchés et triés, les stigmates du pistil donnent le safran, l'épice la plus chère au monde, très prisée par les chefs étoilés. 

Principale richesse de la cité berbère de Taliouine, le safran y fait vivre près de 1 500 familles. Et la contrefaçon nuit à l'image de la culture de ce safran, que certains considèrent comme le meilleur du monde. L'enjeu financier n'est pas anodin pour le Maroc, quatrième producteur mondial de cette épice derrière l'Iran, l'Inde et la Grèce. 

Au Maroc, le safran certifié AOP se négocie en moyenne autour de trois euros le gramme. Mais les produits de contrefaçon peuvent descendre à moins d'un euro le gramme. L'ampleur de la contrefaçon n'est pas chiffrée, mais on sait que les possibilités de fraude sont multiples. La poudre pure peut facilement être mêlée à des colorants chimiques, à du safran de mauvaise qualité ou à des débris d'autres plantes, comme du maïs, expliquent des producteurs locaux.

11
Des travailleuses agricoles s'emploient dès l'aube à ramasser à la main les petites fleurs qu'elles posent minutieusement dans des paniers en tiges de roseaux. Séchés et triés, les stigmates du pistil du crocus donnent le safran. FADEL SENNA / AFP