Mali : Bamako et les Touareg signent un accord sur Kidal

Il prévoit un retour de l'armée dans la ville de Kidal et un cantonnement des combattants touareg sur des sites de regroupement. 

Le président burkinabè, Blaise Compaoré, sert la mains de membres de la délégation touareg, à l\'ouverture des discussions sur la crise malienne, à Ouagadougou (Burkina Faso), le 8 juin 2013. 
Le président burkinabè, Blaise Compaoré, sert la mains de membres de la délégation touareg, à l'ouverture des discussions sur la crise malienne, à Ouagadougou (Burkina Faso), le 8 juin 2013.  (AHMED OUOBA / AFP)

C'est une étape décisive avant l'élection présidentielle au Mali du 28 juillet. Le gouvernement malien et les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) ont signé mardi 18 juin un accord censé permettre à l'armée de Bamako d'entrer dans la ville de Kidal, bastion des insurgés touaregs dans le nord-est du pays. 

Cet accord est le fruit de près de deux semaines de négociations dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, sous la médiation de pays de la région ainsi que des Nations unies et l'Union européenne. "Cet accord revêt une portée historique", a aussitôt réagi Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne. Il constitue une étape cruciale dans un processus de construction de la paix par le dialogue", a-t-elle ajouté.

Que prévoit cet accord ? 

L'accord prévoit un retour de l'armée malienne dans la ville de Kidal, dans le nord du Mali, et un cantonnement des combattants touareg sur des sites de regroupement. Les soldats maliens seront accompagnés par la future mission onusienne Minusma, qui absorbera à partir de juillet la force africaine (Misma) déjà sur place, et par l'opération française Serval.

En 2012, les jihadistes liés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avaient pris le contrôle du nord du Mali. Dans un premier temps alliés au MNLA-HCUA, qui avait lancé l'offensive, ils avaient ensuite évincé ce mouvement. A la faveur de l'intervention militaire française contre les groupes islamistes, les mouvements armés touareg s'y étaient installés fin janvier. Désormais, Bamako souhaite que l'autorité de l'administration civile et l'armée maliennes soit rétablie dans cette ville d'ici le scrutin du 28 juillet, qui est censé parachever le processus démocratique après le coup d'Etat militaire de mars 2012.

Quant au désarmement des éléments des groupes touareg, il ne doit intervenir qu'une fois signé un accord "global et définitif de paix" entre les nouvelles autorités installées après la présidentielle, d'une part, et les communautés et groupes armés du Nord, d'autre part.

Qui en sont les signataires ? 

Le texte, baptisé "Accord préliminaire à l'élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali", a été signé, pour Bamako, par le ministre malien de l'Administration territoriale, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, et par Bilal Ag Acherif et Algabass Ag Intalla au nom des deux groupes touareg, MNLA et HCUA).

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur qui avait lancé ces difficiles négociations le 8 juin, a également signé le texte.

Il y a une semaine, des médiateurs avaient déjà annoncé être parvenus à un accord de principe entre les deux parties mais le chef de l'Etat malien, le président par intérim Dioncounda Traoré, avait finalement reculé au dernier moment en raison des conditions mises au retour de l'armée à Kidal.