Paludisme : 73% de décès en moins chez les enfants grâce à une approche combinant vaccin et médicaments

Cette nouvelle approche thérapeutique, dont les résultats ont été publiés dans le "New England Journal of Medicine" le 25 août 2021, pourrait changer la donne dans la lutte contre le paludisme.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Une infirmière explique les moyens de protéger les enfants contre le paludisme et les performances du vaccin RTS,S à la polyclinique Ewin de Cape Coast au Ghana, le 30 avril 2019. (CRISTINA ALDEHUELA / AFP)

Cela fait quarante ans qu’on nous annonce des percées dans la lutte contre le paludisme, mais une nouvelle approche alliant stratégie vaccinale et médicaments semble particulièrement prometteuse. Selon l'étude publiée le 25 août 2021 dans le très sérieux New England Journal of Medicine, ce traitement permettrait de réduire de 70% le nombre de cas graves de paludisme. Cette maladie infectieuse portées par les moustiques tue 400 000 personnes par an, dont en très grande majorité des enfants de moins cinq ans, selon l’OMS.

Une combinaison puissante

Cette nouvelle approche consiste à combiner une dose de rappel d'un vaccin antipaludique avant la saison des pluies avec des médicaments préventifs. L’avantage, c’est que ce vaccin et ces médicaments existent (depuis 20 ans) mais qu’ils n’avaient jamais été associés. Les essais cliniques ont suivi pendant trois ans plus de 6 000 enfants âgés de 5 à 17 mois au Burkina Faso et au Mali.

Fabriqué par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK), le vaccin "RTS,S" n'a montré jusqu’à présent qu'une efficacité limitée, explique Brian Greenwood, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et auteur principal de l'étude. Des travaux ont montré que la protection du vaccin GSK s'érode avec le temps, et que celle-ci est de 30% sur une période de trois à quatre ans. L'équipe de chercheurs a donc voulu tester le bénéfice d'un rappel de ce vaccin chaque année après une série de trois doses initiales. Le rappel est administré avant la saison des pluies, lorsque la population de moustiques – vecteurs de la maladie – est au plus haut.

"Les admissions à l'hôpital étaient moins nombreuses, les décès étaient moins nombreux dans les deux pays et nous ne nous attendions vraiment pas à voir cela"

Brian Greenwood chercheur à la London School of Hygiène and Tropical Medicine

à la BBC

6 000 enfants suivis durant 3 ans

Les essais cliniques ont suivi plus de 6 000 enfants âgés de 5 à 17 mois durant 3 ans. Ils ont été répartis en trois groupes : ceux n'ayant reçu que des médicaments antipaludiques, sulfadoxine-pyriméthamine et amodiaquine ; ceux n'ayant reçu que le vaccin ; et ceux ayant reçu les deux en suivant cette nouvelle approche.

La combinaison des deux a été la plus efficace puisqu’elle a réduit de 63% le nombre de cas, de 71% les hospitalisations et de 73% le nombre de décès, en comparaison avec la prise de traitements préventifs seuls. L'ordre de grandeur était le même par rapport à la seule vaccination.

"C'était assez spectaculaire", a commenté Brian Greenwood. Et si cette combinaison avait été testée par rapport à une absence de traitement ce qui n'a pas été fait pour des raisons éthiques , la réduction du nombre d'hospitalisations et de décès aurait probablement été de 90%, selon lui.

Des chercheurs à l'origine de cette étude sont en contact avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant une éventuelle mise à jour des recommandations de l'organisation, selon Brian Greenwood. "Nous espérons que cela sera mis en place dans plusieurs pays, et sauvera de nombreuses vies", a déclaré le chercheur, membre de l'équipe de recherche de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), qui a dirigé l'essai.

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