Opération Barkhane : le retrait des troupes françaises inquiète à Tombouctou

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Opération Barkhane : le retrait des troupes française inquiète à Tombouctou
FRANCE 2
Article rédigé par
N.Bertrand, F.Fougère, M.Getti - France 2
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Les soldats français de l'opération Barkhane ont achevé lundi 15 novembre leur retrait de la base de Tessalit, dans le nord du Mali. Si leur départ a été salué par les habitants de cette partie du pays, il est redouté par ceux qui vivent sous la menace directe des djihadistes, comme à Tombouctou.

Le seul moyen sécurisé pour se rendre à Tombouctou (Mali), ce sont des petits avions affrétés par les Nations unies, afin d'acheminer les travailleurs humanitaires : la route qui mène vers la ville est désormais trop dangereuse. L'aéroport est le premier témoin du conflit. La base de l'armée française se trouve à quelques mètres de la piste d'atterrissage, derrière des barbelés. À l'intérieur du terminal, il ne reste rien. Il y a trois ans, une quinzaine de djihadistes avec voitures piégées ont pénétré jusqu'au cœur de l'enceinte. L'attaque visait l'armée française.

La crainte du scénario afghan

Les soldats ne sont plus là pour longtemps : Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de la base de Tombouctou d'ici à 2022. Aboubacrine Hamaleck, ancien guide touristique, ne comprend pas la décision. "Vraiment, ce n'est pas le moment que l'armée française quitte Tombouctou. Ils doivent attendre un peu. Les gens ont peur, ils ne savent pas comment ça va se passer après", confie-t-il. Avant l'arrivée des Français en 2013, Tombouctou était aux mains des djihadistes, qui faisaient régner la terreur.

Les islamistes ne contrôlent aujourd'hui plus la ville, mais la sécurité n'est pas revenue pour autant. Les habitants espèrent ne pas être abandonnés suite au départ des troupes françaises. Si à Bamako, des Maliens manifestent pour le retrait, c'est le contraire à Tombouctou, où le scénario de l'Afghanistan est dans tous les esprits. Les personnes chargées de préserver le patrimoine de la ville sont parmi les plus inquiètes. 

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