Mali : un pilote français a été tué dans les combats contre les islamistes

La contre-offensive menée par les forces maliennes et appuyée par l'armée française a permis, selon l'armée malienne, d'arrêter la progression des islamistes.

Une photo postée le 9 janvier 2013 sur des forums jihadistes montre, selon sa légende, des combattants islamistes dans le Nord du Mali.
Une photo postée le 9 janvier 2013 sur des forums jihadistes montre, selon sa légende, des combattants islamistes dans le Nord du Mali. (SITE MONITORING SERVICE)

"La France s'est engagée dans une guerre avec le terrorisme où qu'il se trouve." Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a dévoilé samedi 12 janvier, le bilan de l'offensive menée par l'armée malienne et appuyée par la France au Mali. Un soldat français a été tué : il s'agit du lieutenant Damien Boiteux, chef de bord d’un hélicoptère du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales de Pau.

L'opération, baptisée "Serval", est destinée à arrêter l'avancée des groupes islamistes qui tiennent le nord du pays depuis avril 2012. Elle a été déclenchée après l'appel à l'aide du président malien, lancé à la France quelques heures auparavant.

Après ces développements, le président de la République, François Hollande, a annulé son déplacement à Marseille et convoqué un Conseil de défense samedi pour 15 heures. La visite à Paris du président malien par intérim, initialement prévue mercredi, a en outre été reportée.

Jean-Yves le Drian a par ailleurs annoncé la mort de l'otage français Denis Allex en Somalie à la suite d'une opération ratée pour tenter de le libérer. Un soldat français a été tué, un autre est "porté disparu" alors que les islamistes assurent le détenir. Le ministre a assuré que les deux opérations sont "totalement déconnectées". Le raid, prévu depuis longtemps, aurait eu lieu dans le même temps car "les conditions étaient favorables".

Comment s'est déroulée la contre-offensive ?

Jean-Yves Le Drian a expliqué que les groupes islamistes avaient avancé "sur deux axes", du nord en direction de Mopti et de Diabali, au centre du pays (Voir carte ci-dessous, avec les étapes de l'offensive en rouge), sur lesquels "des concentrations importantes de véhicules ont été observées"

France 2

La contre-attaque malienne, appuyée par la France, est partie de Sévaré, près de Mopti. Cette localité était dans le viseur des rebelles : elle est dotée du plus important aéroport de la région et est située à seulement 70 km au sud de Konna, tombée la veille entre leurs mains.

Baptisée "opération Serval", l'intervention française a été déclenchée vendredi à 16 heures et s'est faite par les airs. Des hélicoptères aux couleurs tricolores ont tiré sur une "colonne d'éléments" hostiles avançant sur l'axe Konna-Mopti.

C'est au cours de cette attaque que le lieutenant Boiteux a été tué. Dans le camp des jihadistes, l'armée malienne parle d'"une centaine de morts". Des témoins ont aussi raconté avoir vu "des dizaines de corps" à Konna.

La contre-offensive a permis d'arrêter les rebelles et à l'armée malienne de regagner du terrain : celle-ci a affirmé contrôler Konna et s'attaquer aux "dernières poches de résistance" rebelles dans la ville. Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a remercié samedi François Hollande pour l'intervention militaire de la France.

Quels sont les forces françaises mobilisées ?

Depuis plusieurs mois, des éléments des forces spéciales françaises et des hélicoptères sont positionnés au Burkina Faso voisin : selon un journaliste de la BBC s'exprimant sur Twitter, ce sont ces derniers qui seraient intervenus.

Selon Le Figaro, le soutien aérien de la France aurait même commencé dès jeudi soir, avant même l'annonce officielle de l'intervention française. "Huit avions se sont posés sur la piste de Sévaré, des hélicoptères [ont survolé] en ouvrant le feu", raconte le  journal. Une version confirmé par le ministre français de la Défense.

Le nombre de soldats français mobilisés n'est pas connu pour l'instant.

Quels sont les autres pays engagés ?

La France n'est pas la seule à apporter son soutien au Mali, même si son intervention est décisive. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest vont ou ont apporté leur soutien.

Dans la soirée de vendredi, le président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), la président ivoirien Alassane Ouattara, a "décidé d'autoriser l'envoi immédiat des troupes sur le terrain dans le cadre de la MISMA (Force internationale de soutien au Mali) (...)".

Le chef des opérations militaires malien, le colonel Oumar Dao, a affirmé que des soldats sénégalais et nigérians étaient déjà en appui dans la ville de Sévaré, même si le Sénégal a démenti avoir des "troupes combattantes" au Mali. Le Nigeria, lui, a confirmé avoir envoyé une équipe technique de l'armée de l'air. Le président du Niger a en outre  appelé François Hollande pour lui confirmer l'engagement prochain de ses troupes. Voisin du Mali, le Burkina Faso a annoncé samedi après-midi le déploiement d'un bataillon de 500 hommes sur le terrain.

Une aide importante pourrait également venir des Etats-Unis. Washington, attentive au sort de la région en raison des risques terroristes qui s'y développent envisage d'aider la France grâce à un appui "logistique" et des drones de surveillance. "L'armée américaine étudie la possibilité de fournir des renseignements, du ravitaillement en vol et d'autres appuis aux forces françaises", a expliqué un haut-responsable américain qui a requis l'anonymat.