Le Tchad revendique la mort d'Abou Zeid, chef d'Aqmi

Des soldats tchadiens ont tué un des chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le nord du Mali, selon le président tchadien.

Capture d\'écran d\'une vidéo publiée le 25 décembre 2012, dans laquelle apparaît Abdel Hamid Abou Zeid, un des chefs d\'Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Capture d'écran d'une vidéo publiée le 25 décembre 2012, dans laquelle apparaît Abdel Hamid Abou Zeid, un des chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. (SAHARA MEDIAS / FRANCETV INFO)

Sa mort présumée était jusque-là attribuée aux forces françaises. Abdel Hamid Abou Zeid a été abattu, vendredi 22 février, par des soldats tchadiens lors d'affrontements dans le nord du Mali, a annoncé, vendredi 1er mars, le président tchadien Idriss Déby. Jeudi, la mort de l'"émir" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait été annoncée par la chaîne algérienne Ennahar, puis confirmée par Le Monde et Paris Match, avec toutefois des dates divergentes.

Comment s'est déroulée l'opération

Le 22 février, des soldats tchadiens ont été tués dans le massif des Ifoghas "après avoir détruit la base des jihadistes", a déclaré le chef d'Etat tchadien à des hommes politiques de l'opposition, en présence de journalistes. Lors d'un face-à-face, "nos soldats ont abattu deux chefs jihadistes dont Abou Zeid et ils ont libéré Tessalit". Des troupes tchadiennes sont engagées, de concert avec les forces françaises de l'opération Serval, dans le nord du Mali où elles affrontent des groupes islamistes.

Pourquoi la France reste discrète

Alors que Washington avait jugé "très crédibles", plus tôt vendredi, des informations faisant état de la mort d'Abou Zeid, Paris s'est pour l'instant refusé à toute confirmation. "Des informations circulent, je n'ai pas à les confirmer parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération", avait déclaré plus tôt dans la journée le président François Hollande.

Francetv info

Le spécialiste des mouvements islamistes Mathieu Guidère, interrogé vendredi par TF1 News, restait "dubitatif" face à l'annonce de sa mort. "Si Abou Zeid était réellement mort depuis plusieurs jours, Aqmi aurait en effet déjà publié un communiqué où il aurait été qualifié de 'martyr'", soulignait-il. Il rappelle aussi à L'Express la présence possible des otages français avec Abou Zeid, d'où sans doute la prudence de la France.

Pourquoi le doute persiste 

Citant des "sources sécuritaires", la chaîne de télévision privée algérienne Ennahar TV, avait annoncé jeudi soir qu'Abou Zeid était mort avec 40 islamistes dans le nord du Mali, après de violents combats avec les forces françaises près de Tigharghar. Plusieurs versions contradictoires de sa mort ont depuis été données.

Pour lever les doutes qui subsistent, des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de sa famille, selon le quotidien algérien El Khabar, vendredi. "Les services de sécurité sont en train de comparer l'ADN de deux proches parents d'Abou Zeid avec des échantillons prélevés sur les restes d'un corps remis par les forces françaises" aux autorités algériennes, a indiqué El Khabar.