"L’affaire avance très lentement" : l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali en 2013 reste un mystère

Cela fait cinq ans vendredi que la journaliste et le technicien de RFI ont été tués au Mali dans la région de Kidal. Leurs proches attendent toujours la vérité. 

Une marche blanche avec les portraits de Ghislaine Dupont et Claude Verlon organisée par des journalistes maliens le 4 novembre 2013 à Bamako. 
Une marche blanche avec les portraits de Ghislaine Dupont et Claude Verlon organisée par des journalistes maliens le 4 novembre 2013 à Bamako.  (STR / AFP)

Le 2 novembre 2013, Ghislaine Dupont, journaliste à RFI, et Claude Verlon, technicien de reportage, ont été tués au Mali, dans la région de Kidal, après un enlèvement. Un acte revendiqué par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) mais depuis cinq ans, l’enquête avance lentement.

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L'affaire reste floue et c’est ce qui pèse le plus pour Christophe Boisbouvier, rédacteur en chef à RFI. "L’affaire avance très lentement. Ce qui est dur pour les deux familles et pour nous les proches, c’est justement cette ambiguïté, cette équivoque, explique le journaliste. On ne sait pas précisément ce qui s’est passé."  

On ne sait pas exactement dans quelles circonstances ils sont morts et on ne sait pas exactement quels sont les mobiles des assassinsChristophe Boisbouvier

Plusieurs pistes sont envisagées. D’abord l’argent. Le partage inégal de la rançon payée pour les otages d’Areva à Arlit au Niger quatre jours plus tôt aurait pu être un motif de frustration pour certains ravisseurs. Ils auraient compensé en enlevant les deux salariés de RFI.

On sait que le rapt a mal tourné, mais là encore des questions. Est-ce la panne de leur véhicule ou le passage d’un hélicoptère qui a provoqué la panique des preneurs d’otage et l’exécution de Ghislaine et Claude ? A cela s’ajoute des difficultés pour obtenir des informations. Les services de renseignement ne déclassifiant que très partiellement les documents susceptibles de faire avancer l’enquête, reprise en main depuis 2015 par le juge Jean-Marc Herbaut. Il s’est rendu en février dernier au Mali afin d’y entendre des témoins et consulter des relevés téléphoniques. Il doit recevoir les parties civiles le 8 novembre prochain pour les informer de l’avancée de ses recherches.