Barkhane, Minusma: au Mali, les forces armées aident aussi au développement économique

Aider les habitants du Mali, pas seulement en les protégeant des attaques terroristes. C'est l'esprit des actions de développement économique soutenues par la France ou l'ONU. Un principe : donner du travail pour que la jeunesse ne soit pas tentée par l'action terroriste.

Patrouille de la force française Barkhane dans Tillit, un village du Mali, le 1er novembre 2017.
Patrouille de la force française Barkhane dans Tillit, un village du Mali, le 1er novembre 2017. (DAPHNE BENOIT / AFP)

La force française Barkhane ne fait pas que la guerre. Elle intervient également dans des actions de développement auprès des populations. Ainsi à Gao, elle aide au maraîchage, qui avait failli disparaître lors du conflit de 2012. Aujourd’hui, plus de 200 familles travaillent ces parcelles, s’assurant ainsi un revenu indispensable.

L’état-major français donne l’esprit de l’action. Apporter un travail qui permettra de gagner de l’argent "et surtout d’éviter le désœuvrement, souvent synonyme de ralliement vers les groupes armés terroristes", explique le sous-officier français chargé du suivi de l'opération.

Réinstaller les habitants dans une pratique de culture vivrière était indispensable. En un an, le projet a montré sa viabilité et sa pertinence. Les nouveaux maraîchers ont atteint l’autosuffisance alimentaire pour leur famille. La seconde année, ils ont commencé à vendre leurs produits sur le marché de Gao, autofinançant ainsi l’achat de matériel et son entretien.

Une extension de la zone de maraîchage de deux hectares est en cours. Un projet qui apportera du travail à cent familles. Six bassins de rétention d’eau ont également été construits. L’armée a permis l’achat de 500 mètres de tuyau pour l’irrigation et installé une motopompe. 40 parcelles ont été réservées à des femmes. Elles pourront produire et vendre directement sur le marché.

L'ONU pas en reste

De son côté, la force de l’ONU, la Minusma, ne reste pas inactive. Elle aussi multiplie les soutiens aux projets de développement économiques. Exemple : le financement à Gao, pour 25 millions de francs CFA (38 000 euros), d’un poulailler industriel qui occupe une vingtaine de jeunes. L'ONU appelle cela un "projet à impact rapide". "Ce projet vise à augmenter les possibilités de créations d’emploi pour les jeunes de Gao, freiner l’exode rural et l’engagement des jeunes dans les mouvements armés", explique la Minusma. En quelque mois, le bâtiment sera réalisé et l'activité pourra démarrer.

Un casque bleu sénégalais sécurise une rencontre avec la population à Koro, dans la région de Mopti, le 18 décembre 2018.
Un casque bleu sénégalais sécurise une rencontre avec la population à Koro, dans la région de Mopti, le 18 décembre 2018. (UN/photo)

Autre projet tout récent à Kidal, là aussi à destination des jeunes : le soutien au commerce et la redynamisation de l’élevage.

A Tondibi (60 km de Gao), la Minusma a financé une opération nécessitant une forte main d’œuvre, à travers la réhabilitation de quatre digues pour plus de 52 millions de francs CFA (70 000 euros). Environ 2 000 personnes, rémunérées 3 000 FCFA par jour (4,5 euros), ont travaillé sur ce projet durant trois mois. Les digues réhabilitées permettent de sécuriser plus de 75 hectares de champs.

Dans un autre village, une opération d’irrigation financée par la Minusma a eu un double impact. "La forte mobilisation des communautés autour de ce projet a augmenté la superficie du périmètre de 10 à 17 hectares. Et plusieurs jeunes de la localité, partis à l’exode, sont massivement revenus", explique le représentant du chef du village sur le site Niarela.net