Libye: l’enfer des migrants victimes du trafic humain, vu par Narciso Contreras

En septembre 2016, lors du festival Visa pour l'image, Narciso Contreras a reçu le prix Carmignac du photojournalisme pour son travail sur la Libye, «plaque tournante du trafic humain». Une exposition de son travail est présentée du 25 octobre au 13 novembre 2016 à l’Hôtel de l’Industrie à Paris.

Le prix Carmignac du photojournalisme, créé en 2009, récompense chaque année un reportage consacré aux violations des droits humains et à la liberté d'expression dans le monde. Pour cette septième édition, «le prix a couvert pour la première fois une zone de conflit armé», précise Emeric Glayse, directeur du prix Carmignac.

Le photojournaliste Narciso Contreras s’est rendu en Libye de février à juin 2016 (son premier voyage dans le pays date de 2014) pour suivre l’exil de milliers d’Africains vers l’Europe. Pour nombre d’entre eux, la traversée de ce pays est un véritable calvaire en raison des trafics humains.

«J’ai commencé à photographier les centres de détention libyens en 2014 mais c’est lorsque je suis arrivé sur la côte nord-ouest de la Libye que le projet a commencé à évoluer. J’ai insisté pour avoir accès aux centres (de détention, Ndlr) aussi souvent que possible, deux ou trois visites séparées dans chaque centre, à raison de trente minutes à une heure à chaque fois. Ma présence gênait les milices responsables (de ces structures, Ndlr) et j’ai parfois dû faire marche arrière lorsque j’ai senti que ma propre sécurité était compromise», raconte le photographe.

«Le véritable visage de la crise humanitaire apparaît lorsque l’on s’éloigne du protocole médiatique imposé par Tripoli. Dès lors, vous voyez des milliers de migrants illégaux pris dans la spirale du marché humain dirigée par des milices et des groupes armés privés en lien avec des réseaux mafieux (…) (Le prix Carmignac, Ndlr) m’a permis d’avoir le temps et les ressources nécessaires pour poursuivre mon travail sur le terrain, et trouver un moyen de, finalement, me faufiler derrière les barrières», poursuit le photographe.

Narciso Contreras, né en 1975 à Mexico, est un photographe documentaire. Ses reportages portent essentiellement sur la question du coût humain lors des conflits et des guerres: guerre ethnique en Birmanie, guerre oublié au Yémen, coup d’Etat à Istanbul, conflit de Gaza, révolution militaire en Egypte, guerre en Syrie, conflit tribal en Libye...

Son travail a été récompensé par les prix Pulitzer et Pictures of the Year International. Il collabore à des dizaines de médias : The Guardian, The New York Times, Paris Match, National Geographic, l’agence Associated Press, la chaîne Al Jazeera… Ainsi qu’avec des ONG comme Médecins sans frontières.

«Le photojournalisme traverse une crise économique en même temps qu’il affronte une violence parfois débridée sur les lieux de reportage. Le photojournalisme doit être défendu: Reporters sans frontière (RSF) est depuis plus de trente ans aux côtés des photographes et se félicite de l’engagement de la Fondation Carmignac, qui contribue, par ce Prix, à donner un nouveau souffle à ce métier essentiel qui ouvre les yeux et les consciences de nos sociétés sur les violences du monde. Après tout, comme le disait un rédacteur en chef célèbre, ‘‘dans les magazines, on regarde les articles et on lit les photos’’», ajoute Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

Une monographie de ce reportage est publiée aux Editions Skira.
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Fondation Carmignac