Guerre en Libye : les participants au sommet international s'engagent à renoncer aux "interférences" dans le conflit

Sous l'égide de l'ONU, onze pays étaient réunis, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Turquie et la Russie. Dans leur déclaration finale, ils ont appelé à un "cessez-le-feu permanent".

Certains des dirigeants internationaux présents au sommet de Berlin sur la Libye, le 19 janvier 2020, dont, au premier rang, Recep Tayyip Erdogan, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Antonio Guterres et Vladimir Poutine.
Certains des dirigeants internationaux présents au sommet de Berlin sur la Libye, le 19 janvier 2020, dont, au premier rang, Recep Tayyip Erdogan, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Antonio Guterres et Vladimir Poutine. (HANNIBAL HANSCHKE / REUTERS)

Le sommet international de Berlin aidera-t-il à mettre fin au conflit armé qui déchire la Libye ? Dans leur déclaration finale, les dirigeants réunis sous l'égide de l'ONU, parmi lesquels onze pays étaient représentés, ont appelé à un "cessez-le-feu permanent". Et, selon le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "tous les participants se sont engagés à renoncer à des interférences" dans le pays.

Mais le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a nuancé la réussite de ce rendez-vous : "La conférence a été très utile (...) mais il est clair qu'on n'a pas réussi pour l'instant à lancer un dialogue sérieux et stable" entre les deux belligérents, le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU, et le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l'Est libyen.

Macron "inquiet" de l'envoi de combattants syriens

Parmi les autres points de consensus, les participants sont aussi tombés d'accord pour affirmer que l'embargo sur les armes dans le pays, en vigueur depuis 2011, "serait plus strictement contrôlé qu'auparavant", a affirmé Angela Merkel à l'issue du sommet. Toujours selon elle, ils ont plus largement convenu qu'il n'existait pas de "solution militaire" au conflit.

La question des interférences étrangères était au cœur des discussions. La Russie, malgré ses dénégations, est soupçonnée d'appuyer le maréchal Khalifa Haftar, en possession duquel des missiles antichars français avaient été retrouvés en juillet.  La Turquie, elle, soutient militairement le gouvernement de Fayez al-Sarraj, et est accusée d'avoir dépêché quelques centaines de combattants syriens en Libye. Dimanche, Emmanuel Macron a exprimé sa "vive inquiétude" à ce sujet : "Il faut que cela cesse", a-t-il demandé.

Une trêve en vigueur mais fragile

Le GNA a signé un accord formel de cessez-le-feu suite à la trêve engagée en Libye le 12 janvier, sous l'impulsion de l'axe russo-turc, mais pas le maréchal Haftar. Des escarmouches restent signalées quotidiennement. Les deux protagonistes de la crise en Libye se sont rendus à Berlin pour des entretiens bilatéraux mais n'ont pas participé à la conférence.

Des rencontres inter-libyennes entre représentants militaires des deux camps devraient être organisées prochainement. Une invitation sera lancée "dans les prochains jours", a assuré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Fayez al-Sarraj a demandé dimanche l'envoi dans son pays d'une "force militaire internationale" sous l'égide de l'ONU au cas où le maréchal Haftar reprendrait les combats. Plusieurs dirigeants, notamment les chefs de gouvernement italien et britannique, se sont dits ouverts à l'idée de l'envoi d'une mission internationale mais pour aider à garantir un cessez-le-feu agréé entre les deux camps, pas pour l'imposer.