Les Etats-Unis vont-ils accueillir le président yéménite ?

Washington étudie la demande d'accueil du président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, pour des raisons de santé.

Ali Abdallah Saleh lors d\'une conférence de presse le 7 décembre 2011 à Sanaa, au Yémen.
Ali Abdallah Saleh lors d'une conférence de presse le 7 décembre 2011 à Sanaa, au Yémen. (AFP)

Les Etats-Unis pourraient accueillir le président yéménite, au pouvoir depuis 33 ans. Toutefois, les informations selon lesquelles la Maison Blanche a d'ores et déjà accepté qu'Ali Abdallah Saleh, 69 ans, se rende aux Etats-Unis pour y subir un traitement médical "ne sont pas vraies", a indiqué lundi 26 décembre un porte-parole.

Le dirigeant du Yémen est visé par un mouvement de contestation depuis janvier 2011 dans son pays. Il a été blessé dans une attaque à la bombe contre son palais à Sanaa le 3 juin et soigné en Arabie saoudite. Selon un accord signé à Ryad (Arabie saoudite) le 23 novembre, Saleh doit céder les rênes du pouvoir d'ici à deux mois. C'est pour "faciliter l'action du gouvernement d'entente nationale et la tenue de l'élection présidentielle anticipée", prévue le 21 février, que le président a déclaré vouloir faire ce voyage.

"Dans le seul but d'un traitement médical"

"Les responsables américains sont toujours en train d'étudier la demande du président Saleh de venir dans notre pays dans le seul but d'y subir un traitement médical", a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche.

Le New York Times avait indiqué auparavant que Washington avait accepté "en principe" que Saleh se rende aux Etats-Unis sous certaines conditions, citant deux responsables de l'administration non identifiés. Le quotidien avait précisé que le président yéménite serait admis dans un hôpital de New York, évoquant une autre source américaine.

Risqué pour l'administration Obama

Washington souhaite que la transition politique au Yémen après l'élection de février se passe sans à-coups. Certains observateurs estiment que ce serait plus facile si le président quittait le pays. Mais si elle accepte de l'accueillir, l'administration Obama peut être sévèremment critiquée. Elle pourrait apparaître comme protégeant un dirigeant accusé d'avoir provoqué la mort de centaines de personnes qui manifestaient contre son régime. 

C'est pourquoi les responsables américains insistent sur le fait qu'Ali Abdallah Saleh ne serait admis dans le pays que pour de réelles raisons médicales. On ignore quand l'administration prendra une décision finale.